RSS
Index > Edition papier > Pays Basque

Pays Basque

La communauté internationale entre en scène

p005_01_66091.jpg

16/08/2012

Antton ROUGET

La pression augmente de jour en jour sur le gouvernement espagnol. Alors que l’état de santé de Iosu Uribetxebarria – atteint d’un cancer du rein qui a métastasé aux poumons et au cerveau – s’est considérablement détérioré et que le prisonnier entame, aujourd’hui, son neuvième jour de grève de la faim, les prises de position en faveur de la libération du détenu continuent à se multiplier.

Après l’appel unanime, la semaine dernière, des trois députés du Pays Basque Nord, c’est, cette fois-ci, le Groupe international de contact (GIC) qui a, en effet, indiqué hier dans une note de presse ne voir “aucune justification pour ne pas décréter la libération de Iosu Uribetxebarria”. Une intervention en faveur de la remise en liberté du prisonnier inédite de la part d’un acteur international.

Le groupe ayant pour but de “faciliter” les échanges entre les différentes parties du conflit animé par le Sud-Africain Brian Currin considère d’abord que les principes défendus par les différents textes internationaux – “les droits de l’homme, les règles pénitentiaires européennes et les standards minimaux fixés par l’ONU [...], tous repris dans la législation espagnole” – doivent être pris pour “référence dans la résolution de cette situation”. Et dans le cadre du processus de paix, le GIC estime que le gouvernement espagnol a l’opportunité de “montrer son engagement avec la nouvelle situation au Pays Basque”.

Du journal national The Australian à la chaîne Euronews en passant par le quotidien qatari Gulf Times ou encore le journal kurde Yeni Ozgür Politika : bien que la note de presse du GIC constitue la première prise de position de la communauté internationale sur le sujet, plusieurs médias étrangers se sont, eux, emparés de la situation de Iosu Uribetxebarria. Un engouement plutôt rare que peut expliquer la gravité de situation, mais aussi la mobilisation historique dans les prisons françaises et espagnoles – 515 prisonniers concernés dans 60 prisons – qui joue un rôle de catalyseur dans la diffusion de l’information.


Cancer en phase terminale

“Les tests effectués confirment que le cancer de Iosu est en phase terminale.” En parallèle de l’annonce du GIC, Herrira a diffusé hier, un jour avant la publication du rapport médical, les conclusions des examens réalisés lundi sur le prisonnier arrasatear. “Iosu est à chaque fois dans un état plus grave, il a perdu huit kilogrammes et il est très faible” : considérant que la “situation [du prisonnier] ne peut être plus grave”, le mouvement en faveur des droits des prisonniers basques appelle à “la mobilisation générale de façon urgente”. En plus des rassemblements quotidiens – matin et soir – devant l’hôpital de Donostia, une manifestation est organisée samedi dans les rues de Bilbo. Au Pays Basque Nord, alors que des rassemblements ont eu lieu hier à Saint-Jean-Pied-de-Port et Hendaye, Herrira appelle à manifester demain à Mauléon, à la Croix-Blanche, à 18 heures.

 

Les proches de Mattin Olzomendi victimes d’un accident de la route

L’association des familles de prisonniers Etxerat a indiqué qu’un nouvel accident – le douzième depuis le début de l’année – s’était produit le week-end dernier sur les routes qui mènent aux prisons françaises et espagnoles. La compagne et une amie de Mattin Olzomendi, incarcéré au centre de détention d’Uzerche, ont, en effet, été victimes d’une collision, samedi, sur la rocade de Bordeaux, alors qu’elles rentraient de visite. Si le choc avec le véhicule qui les précédait a causé d’importants dégâts matériels, les deux jeunes femmes n’ont pas été blessées. “Nous n’avons que des douleurs au dos depuis samedi”, a expliqué la compagne de Mattin Olzomendi, qui déplore ne pas pouvoir “se rendre en train en visite”. Ainsi, tous les week-ends, les proches du jeune prisonnier doivent effectuer, en voiture, près de 650 km aller-retour pour se rendre aux parloirs.

inprimatu