RSS
Index > Edition papier > Pays Basque

Pays Basque

Les trois députés parlent d’une même voix

p004_01_76537.jpg

11/08/2012

Antton ROUGET

Il est des situations extrêmes propices au rassemblement des forces, au dépassement des divergences. En plein processus de paix, la décision du prisonnier Iosu Uribetxebarria, gravement malade et hospitalisé à Donostia, de cesser de s’alimenter depuis mercredi pour dénoncer le refus du gouvernement espagnol de lui accorder la libération conditionnelle fait sans doute partie de ces moments critiques.

Des importantes mobilisations dans les prisons françaises et espagnoles aux déclarations des responsables politiques du Pays Basque Nord : les appels à la libération immédiate de Iosu Uribetxebarria ont traversé, hier, une grande majorité des courants politiques au Pays Basque Nord.

Colette Capdevielle, Sylviane Alaux et Jean Lassalle : signe du consensus autour de la question, les trois députés du Pays Basque ont publiquement pris position en faveur de la libération du prisonnier atteint d’un cancer du rein qui a métastasé aux poumons et au cerveau. Les deux députées socialistes des cinquième et sixième circonscriptions ont même participé au rassemblement organisé par Herrira, à Bayonne, devant le consulat d’Espagne. Une première.

“Les personnes malades doivent être soignées, chose qui n’est pas compatible avec la détention”, pour Colette Capdevielle, qui se fonde sur “le droit européen qui considère ce type de traitement comme inhumain et dégradant”. La prise de position est catégorique. Idem pour Sylviane Alaux qui s’est rendue à Bayonne “sans état d’âme” et qui, affirme-t-elle, aurait participé ce samedi après-midi à la grande manifestation prévue à Donostia si elle n’avait pas eu un empêchement personnel.

“La situation de ce détenu n’est pas compatible avec le processus de paix” : s’il n’était pas présent au rassemblement, le député centriste Jean Lassalle s’est, lui, déclaré prêt “à s’engager personnellement sur la question”. Jean-René Etchegaray et le sénateur Jean-Jacques Lasserre, ses deux collègues du MoDem présents à la conférence d’Aiete le 17 octobre dernier, ont eux aussi clairement pris position en faveur de la libération du prisonnier. “Il faut regarder son cas avec humanité en prenant en compte le fait que nous sommes dans une situation particulière dans la vie politique de ce pays”, a expliqué le sénateur des Pyrénées-Atlantiques. Nous n’avons pu obtenir les prises de position des autres responsables politiques du Pays Basque Nord présents à la conférence d’Aiete.

“Il est ici question de vie ou de mort. Nous sentons la gravité de la situation, qu’il ne s’agit pas uniquement d’une question politique.” Les mots sont de Gabi Mouesca, militant abertzale et membre de Herrira, au sortir du rassemblement organisé par le mouvement en faveur des droits des prisonniers basques, et peuvent expliquer les prises de position quasi unanime en faveur du prisonnier originaire d’Arrasate.

 

I. Uribetxebarria accepte de se soumettre aux examens médicaux

S’il poursuit sa grève de la faim, entamée mercredi dès les premières heures de la journée, le prisonnier Iosu Uribetxebarria, hospitalisé pour un cancer du rein qui a métastasé au cerveau et aux poumons, a accepté, vendredi, de se soumettre aux différents examens médicaux nécessaires.

Tomodensitométrie (TDM) et ponctions pulmonaire et cérébrale : le prisonnier originaire d’Arrasate avait dit dans un premier temps qu’il “ne ferai[t] pas ses analyses.”

Mais vendredi, après que l’administration pénitentiaire a accusé, par le biais d’une note de presse, Iosu Uribetxebarria de “ne pas collaborer”, le détenu est revenu sur sa décision, ont confirmé l’association des familles de prisonniers Etxerat et le mouvement Herrira.

En revanche, contrairement à ce qui a été diffusé dans certains médias, le mouvement Herrira a rappelé, par le biais d’un communiqué de presse, que Iosu Uribetxebarria n’a, par contre, jamais cessé de prendre ses médicaments.

inprimatu