Pays Basque
Sourire un peu crispé pour les professionnels du tourisme

10/08/2012
Pierre MAILHARIN
Au nez, à l’enfilade des pots d’échappement sur la Nationale 10 et aux émanations de crème solaire, on aurait parié un petit billet sur un début de saison touristique en baisse notable au Pays Basque Nord. La réalité, celle du mois de juillet, est plus nuancée.
Commençons par les sourires. Ils sont peu nombreux, mais existent. Le plus franc descend du Petit Train de la Rhune, où Isabelle Fleury annonce une affluence en hausse de 10 % par rapport à 2011, année certes médiocre sur le plan de la météo. “Mais même par rapport à 2010, qui était normale, nous enregistrons 5 % de plus”, ajoute la responsable commerciale.
Du côté de Biarritz tourisme, Maylis Garrouteigt fait état d’une “fréquentation globalement bonne” au sein de la cité impériale, “légèrement inférieure à juillet 2011” qui était cependant “une bonne année”. A Hendaye, l’office de tourisme (OT) présente “un bilan correct dans l’ensemble des secteurs” pour ce premier mois de pleine saison.
Les visages se crispent partout ailleurs. Hors Petit Train, les sites touristiques traditionnels, moins attractifs, font la grimace (voir ci-dessous). Même chose chez les institutionnels. A l’OT de Bayonne, le directeur, Serge Cazaban, note une baisse des venues dans son établissement “de l’ordre de 5 %” en juillet 2012 par rapport à la même période 2011. Si les visites guidées individuelles de la ville “sont restées stables”, les tours en groupe ont décru.
“Pas sur un grand cru”
A Saint-Jean-de-Luz, la directrice de l’OT, Isabelle Forget, ne se voile pas la face : “Je crois qu’on n’est pas parti sur un grand cru touristique cette année. Le mois de juillet a été moins bon que 2011”, déclare-t-elle dans une vidéo AFP.
A l’intérieur, l’OT de Garazi-Baigorri dresse un constat à peu près similaire : “Juillet n’a pas été bon, surtout la première quinzaine. On a eu pas mal de monde en moins au comptoir de l’office”, indique la présidente, Jacqueline Sardon-Urruty.
Ces baisses multiples, souvent légères, marquent peut-être, globalement, un déclin du nombre de touristes. Pour les cafetiers et restaurateurs, pas de conditionnel : l’ardoise sera salée. “Je pense qu’on va être sur une saison au Pays Basque à moins 20, moins 30 %”, table Pierre Barat, coprésident de l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie). Nous n’avons pu joindre l’autre coprésident, Bruno Dottax, chargé de l’hôtellerie, pour faire un point sur l’hébergement. Mme Sardon-Urruty signale qu’à Garazi-Baigorri “l’hôtellerie, les chambres d’hôte et les campings sont en baisse”. A Hendaye, qui revendique pourtant des résultats honorables, “campings et hôtels affichent une très légère baisse”, tandis que “la baisse la plus marquée concerne les locations de vacances”, avec des diminutions “atteignant 20 %”.
Consommation réduite
Il faudra patienter jusqu’à septembre, voire la fin de l’année 2012, pour affiner ce bilan d’étape. D’autant que les premiers indicateurs d’août semblent de nature à tempérer la possible baisse.
Si l’érosion devait se confirmer, d’aucuns y voient déjà une conséquence de la crise. En attendant les données définitives, une chose est sûre : les modes de consommations se rationalisent. “On sent vraiment que les gens qui sont venus en vacance ont un budget qui a été déterminé à l’avance, que des choix se font au niveau des dépenses un petit peu superflues type restauration, activité de loisir, souvenirs”, a remarqué Mme Forget à St-Jean-de-Luz.
Mme Sardon-Urruty a pour sa part recensé des “paniers moyens en baisse” du côté de Garazi-Baigorri. “Il y a un changement d’habitude, certains ne mangent pas l’entrée, ils font attention”, complète Pierre Barat.
Le Petit Train de la Rhune en locomotive
Parmi les sites touristiques phares du Pays Basque Nord, Le Petit Train de la Rhune est le seul – dont les responsables nous ont répondu – à présenter un bilan positif en juillet. Il enregistre une hausse de fréquentation de près de 10 % par rapport à la même période de 2011. “Nous avons eu une météo relativement clémente”, décrypte la chef commerciale Isabelle Fleury. “Si c’est couvert, nous avons beaucoup moins de monde. Nous bénéficions aussi de la popularité de la Rhune”.
A la villa Arnaga de Cambo-les-Bains, le bilan est moins bon : 9 452 entrées payantes en 2011, 8 535 en 2012. Soit une baisse d’affluence de quasiment 10 %.
Aux chalets d’Iraty, on fait savoir que le mois de juillet “n’a pas été formidable”. “Sur 30 jours, nous n’en avons eu que onze de beau temps”, y déplore-t-on. Faute de pouvoir louer à la semaine, la direction est revenue à des offres plus courtes, ce qui a permis de limiter la casse fin juillet. Le mois d’août étant déjà “complet depuis un petit moment”, l’incertitude touche à sa fin.
Aux gorges de Kakouetta, le résultat chiffré n’est pas encore connu. Il faudra attendre la fin de la saison estivale. Nous n’avons pas réussi à joindre la direction du Musée de la mer de Biarritz.







