Pays Basque
Un vautour fauve dans le jardin ? Pas de panique, il découvre juste ses grandes ailes

09/08/2012
Carole SUHAS
“Il y a un vautour dans le jardin.” Incroyable mais vrai : ce constat éberlué fait son apparition en période estivale. Et pour cause, c’est à ce moment-là, entre la mi-juillet et la fin septembre, que les jeunes vautours, âgés de cinq à six mois et ayant déjà atteint leur taille adulte, sont censés prendre leur envol. Seulement, pour certains, cette mise en pratique s’avère être un peu plus ardue que sur le papier.
“Les jeunes vautours sont inexpérimentés et environ 20 % d’entre eux ratent leur envol”, rapporte Laurence Goyeneche, coresponsable du centre de sauvegarde de la faune sauvage Hegalaldia, à Ustaritz. Aussi, une mise au point s’impose-t-elle afin que la petite balade improvisée du jeune vautour se passe sans incident et qu’il puisse finalement poursuivre sa route avec succès.
De trop grandes ailes
Ces jeunes rapaces incertains se retrouvent fréquemment aux alentours d’Itxassou, zone de nidification, sorte de “routine pour les habitants d’Itxassou”, s’amuse Laurence Goyeneche, mais aussi dans des endroits plus improbables à l’instar de la corniche à Hendaye, au péage d’autoroute à Biarritz ou au fond des gorges de Kakouetta. Plusieurs raisons à ces égarements, nous explique la bénévole d’Hegalaldia.
“Les jeunes vautours, qui font entre 2,5 m et 2,8 m les ailes déployées, ne savent justement pas quoi faire de leurs grandes ailes et ne savent pas gérer les courants d’airs. Ils n’arrivent pas non plus à chercher de la nourriture.” C’est ainsi que les courants les poussent vers le littoral. Pour ce qui est de Kakouetta, “les vautours nichent en haut des gorges et au moment de l’envol, certains tombent au fond et ils n’arrivent alors pas à en sortir car c’est trop enclavé”, explique-t-elle.
En cette période de possible découverte surprenante, le centre Hegalaldia souhaite alors donner quelques règles élémentaires. “Il ne faut surtout pas approcher le jeune vautour, ni avoir des enfants à proximité. Le jeune vautour est très curieux et il peut même s’approcher pour mordiller des lacets de chaussures, par exemple. Même s’il a l’air gentil, il ne faut pas oublier qu’il fait la même hauteur qu’un enfant de trois ans et que son bec est à hauteur du visage.” Une première précaution qui s’accompagne d’une interdiction : ne pas nourrir le rapace. “Lorsque nous le récupérons ensuite, s’il a mangé, avec le stress du voyage en camion, il peut se faire vomir.”
Prise en main
L’intervention des bénévoles du centre n’est pas systématique, il arrive que le rapace reprenne seul sa route. Il est tout de même conseillé de prendre systématiquement contact avec Hegalaldia, qui juge “les situations au cas par cas”. Depuis le début de cette période d’envol, les bénévoles du centre ont ainsi recueilli dix jeunes vautours, “dont deux victimes de tir illégal”. “Ils sont dénutris et très déshydratés. On les garde en période d’observation et on les nourrit. Certains peuvent dormir pendant trois jours tellement ils sont épuisés”, relate Laurence Goyeneche. Après un certain temps de repos, les vautours sont relâchés. “En général, ils partent comme des balles. Après, ils doivent prendre leurs marques, comme pour nous ; certains sont plus dégourdis que d’autres”.
Pour autant, le passage imprévu entre des mains humaines semble ne pas être perturbant pour les jeunes rapaces. “Au centre, ils restent en communauté vautour, ils se battent comme ils le feraient dans la nature pour assurer leur domination et ils ont une bonne distance de fuite.” Raison de plus pour ne pas s’improviser apprenti soigneur et pour prendre contact avec Hegalaldia (où les bénévoles interviennent sept jours sur sept) au 05 59 43 08 51.







