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Culture

Egon Schiele, ou le langage corporel expressionniste

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09/08/2012

Cécile VIGNAU

Pour une approche complète de l’univers créateur de l’un des artistes les plus significatifs du XXe siècle… Le Guggenheim de Bilbo accueille dès le 2 octobre l’exposition “Egon Schiele”, qui réunira pas moins d’une centaine de dessins, gouaches, aquarelles et photographies, pour le moins significatives de son œuvre. Le tout en provenance directe de l’Albertina de Vienne. L’institution conserve en effet le plus abondant ensemble de travaux sur papier de l’expressionniste autrichien.

L’exposition se veut une perspective unique sur l’évolution stylistique de Schiele (1890-1918) au cours d’une décennie de production intense, et interrompue en plein élan du fait de sa mort précoce à l’âge de 28 ans. Son œuvre est marquée par le rôle différent et la place nouvelle dans l’art qu’il accorde au nu féminin, au corps malade ou encore à la désintégration pathologique de la personnalité.

Modernisme viennois

Dès ses débuts dans les années 1900, et dans une atmosphère viennoise en pleine ébullition culturelle, Schiele se détache de l’académisme pour s’attacher de près à l’autoportrait. Rapidement, il rencontre Gustav Klimt, en 1907, en qui il reconnaît son modèle et maître spirituel. Une série de portraits, datant de 1909 et 1910, à l’instar de La Violoncelliste, attestent d’un langage expressionniste propre, qui “d’un côté, profile la figure, et de l’autre, omet l’objet en adoptant des perspectives inhabituelles”. Ses portraits et ses nus sont en outre saisis dans des poses insolites, voire caricaturales, Egon Schiele ayant étudié les attitudes de certains déments dans un asile psychiatrique, ainsi que les positions des marionnettes manipulées, ce qui donne cet aspect “désarticulé” propre à son art. A partir de 1912, le temps des premiers succès et des expositions commence, malgré une polémique constante due à sa jeune compagne, ses nus, le recours fréquent à des enfants et adolescents pour modèle.

Avec une œuvre féconde et nourrie, Egon Schiele laisse en héritage une œuvre abondante, avec plus de 2 500 dessins, aquarelles ou gouaches, 330 peintures sur bois ou sur toiles.

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