Culture
Freud collectionneur, ou le rapport particulier de l’homme à l’objet

08/08/2012
Cécile VIGNAU
En 1986, la demeure de Freud à Londres devient musée. Et pour cause : outre les rêves, les mots d’esprit et autres lapsus, le psychanalyste collectionne les antiquités. Son cabinet s’apparente à un cabinet de curiosités aux mille et un trésors, avec une collection remarquable d’antiquités de plus de 2000 pièces égyptiennes, grecques, romaines ou encore étrusques et chinoises. Autant d’objets qui revêtent une place primordiale dans sa vie, mais également dans celle de ses patients. Par ailleurs, évoquer les collections de Freud, c’est envisager autrement sa vie quotidienne, revisiter la personnalité du fondateur de la psychanalyse, d’une manière encore inédite.
Michelle Moreau-Ricaud, psychanalyste et auteur de Freud collectionneur, analyse le rôle de cette passion dans l’invention de la psychanalyse et aide à comprendre les ressorts du désir qui peut l’animer. Pour ce faire, elle retrace de manière très érudite l’histoire de la notion de collection – sous-tendue par une pulsion, la curiosité des origines de l’homme – jusqu’à Freud et le sens que la psychanalyse a permis de renouveler. Elle se base sur l’étude de plusieurs figures de collectionneurs, tels que le bibliophile Sir Thomas Phillipps, Balzac (et son double littéraire le cousin Pons), le médecin Gatian de Clérambault ou le comte de Caylus. Quatre collectionneurs qui posent les limites entre le “normal” et le pathologique, la névrose obsessionnelle.
Invitée par l’association Maiatz, Michelle Moreau-Ricaud sera demain soir au Musée basque afin de présenter son ouvrage, paru aux éditions Campagne-Première. En outre, le Musée basque est ouvert en nocturne ce jeudi, de 18h30 à 20h30.







