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Pour protéger ses forêts, la municipalité d’Anglet a décidé d’envoyer la cavalerie

02/08/2012
Pierre MAILHARIN
Ces cavaliers-là ne surgissent pas hors de la nuit : leur activité est diurne. Avec le vengeur masqué, en revanche, ils partagent un goût certain de la justice. Forestière, à leur échelle. Mais qui peuvent-ils bien être ? Les surveillants à cheval du Pignada : Ramuntxo Hirigoyen, employé municipal et chef d’écurie, Carine Izasti et Yoanna Forton, saisonnières.
La triplette équestre – pour deux montures, les robustes Akou, toison grise, et Ludo, couleur baie – se relaie tous les après-midi, de début juin à mi-septembre, afin de faire respecter la signalétique des deux principaux espaces boisés de la commune angloye : le Pignada (250 hectares) et le Lazaret (environ 40 hectares). Si possible sans trop jouer les Zorros…
De la prévention essentiellement
“Nous faisons surtout de la prévention auprès des usagers, sur les dangers qu’ils peuvent rencontrer”, souligne ainsi Ramuntxo Hirigoyen, qui officiait seul au démarrage du projet en 2001, sous la mandature de l’ancien maire, Robert Villenave. “Trois pistes cyclables parmi les plus fréquentées traversent ces forêts, avec un mélange de promeneurs à pied, de joggeurs, de cyclistes. Et des gens qui baladent leurs chiens. On leur demande de les attacher pour éviter les accidents. Il y a aussi des tracés chevaux pour le club hippique. Nous sommes là de façon à éviter qu’ils aillent un peu partout et se retrouvent nez à nez avec des gens. Un cheval, ça peut être très peureux parfois.”
Au plan un peu plus “répressif”, les “cavaliers verts du Pignada” tentent de s’ériger contre les “abus de passage” de véhicules non autorisés : voitures, motos, scooters, quads. Ils combattent également les feux et dépôts sauvages, même s’ils concèdent ne disposer d’aucun “pouvoir” direct pour faire appliquer leurs injonctions : “Mais quand on constate un abus, on peut faire remonter l’information à la mairie, qui envoie ensuite des patrouilles de police”, prévient Ramuntxo.
“Les chevaux sentent des choses”
Il leur arrive parfois d’être confrontés à des situations autrement plus graves : “J’ai eu un jour affaire à une personne qui a voulu disparaître”, retrace le chef de la cavalerie. “Je l’ai trouvée sur une table de pique-nique avec de l’alcool et des médicaments. Heureusement, je suis tombé au bon moment. Et j’ai fait appel aux pompiers.” A elle seule, cette illustration de sauvetage justifie probablement l’existence des chevaliers servants de la forêt angloye.
Et leur mode de locomotion : “Le cheval est le moyen le plus facile pour aller partout. On est en hauteur, avec un ‘visu’ assez large. Et les chevaux sentent des choses que les êtres humains ne perçoivent pas forcément. Par exemple, une personne cachée à 15 mètres dans des buissons.”
Autre critère déterminant : les bêtes à crinières restent les meilleures amies des enfants. “C’est le plus agréable dans ce travail. Le contact avec les personnes, la communication. Surtout avec les gosses, qui veulent caresser les chevaux”, met en avant Ramuntxo Hirigoyen. Après une décennie de rondes estivales, le justicier de Chiberta, qui s’est forgé lui-même une petite notoriété auprès des usagers, ne semble pas prêt à abandonner ses montures. Et la belle aventure.







