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Sujet à la une

Les bestazale les plus perchés de Bayonne

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28/07/2012

Pierre MAILHARIN

Pointu, long, tordu, rond, rikiki… mais toujours écarlate ! Les ziganteak, bestazale les plus perchés de la cité labourdine, partagent le même nez de circonstance. Depuis plus de 25 ans, la version bayonnaise des géants d’Iruñea déambule dans les rues de la cité labourdine au rythme des gaita et des atabal.

Avec un peu moins de talent pour la valse, diront leurs détracteurs. Là n’est pas l’essentiel, répliqueront les “porteurs” de la peña Tipitapa, qui rappellent que les colosses de la Nive, depuis leur avènement, cultivent un certain côté “décalé”.

Au commencement, le roi Léon. Dans les années 1950, les Batsarrous, de jeunes Bayonnais rigolards, couronnent Léon Dacharry, commis dans un magasin de vêtement, premier magistrat de la ville pour les fêtes. La légende du roi Léon est née.

Six personnages de la ville

Au milieu des années 1980, la municipalité souhaite impulser des animations en journée. Deux peñas, Or Konpon et Zahakin, s’inspirent des croquis du dessinateur de presse Duverdier pour créer les six géants bayonnais de la cour du roi Léon. Entre 1986 et 1988, ils sont portés par les militaires. En 1988, Tipitapa prend leur relais. Les armatures viennent des ateliers Franck, les costumes sont signés Robert Mignon, indique M. Olhagaray de Tipitapa.

Les six grosses têtes ont chacune leur raison d’être : le fou du roi, bien sûr, robe bigarrée et collerette noire ; le maréchal de service, plein de galons sur son veston ; le très sérieux médecin, chapeau noir, petites lunettes, seringues sous le bras et… narines empourprées ; le chocolatier, toque blanche et plaquette entre les mains ; la favorite du roi, bouche en cœur, collier flamboyant et seins débordants du corsage ; la gouvernante, enfin, tablier bleu à point blanc, panier rempli de produits du marché, et poitrine volumineuse. “Le roi en est toujours amoureux car elle a des gros seins et du bon lait”, souffle l’un des porteurs de Tipitapa. Evidemment, toute ressemblance avec des personnages bayonnais existants ou ayant existé serait purement… voulue.

“Jamais tombés en public”

Chaque géant pèse environ 60 kg. Pour faire danser les six colosses, 18 porteurs de Tipitapa se relaient, par équipes de trois, donc. Tous les matins des fêtes, à 10 heures. Aucun entraînement spécifique ne serait requis, mais l’obligation d’être un minimum en forme.

“En 20 ans de pratique, on n’est jamais tombé en public, sauf une fois à cause d’une grosse rafale de vent”, souligne l’un des porteurs.

“On s’entraîne tout l’hiver. On a attaqué la diététique il y a deux mois. On nous oblige à rentrer tôt le soir”, s’amuse un autre, qui ne peut s’empêcher de glisser : “Il ne faut pas le dire, mais j’ai pris une timbale hier”…

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