Sujet à la une
«L’intégralité des ‘peñas’ est dans un vide juridique en vendant de l’alcool»

26/07/2012
Pierre MAILHARIN
Membre de la peña Zirtzilak, Owen Lagadec-Iriarte, 33 ans, vient de succéder à Laurent Roux à la présidence du Groupement des associations bayonnaises (GAB). Désireux de mieux définir le rôle et l’existence légale des peñas, il souhaite placer son mandat sous le signe de la “concertation” et de la “durabilité”.
Comment se présentent vos premières fêtes à la tête du GAB ?
La météo est bonne, toutes les animations prévues par les peñas peuvent pour l’instant se dérouler. Les fêtes s’annoncent donc bien, même si l’ambiance un peu morose de ces dernières semaines a réduit les initiatives pour les 80 ans.
L’existence du Groupement des associations bayonnaises est assez récente. De quoi s’agit-il ?
Le GAB a été créé en 2007. Jusqu’à présent, il était présidé par Laurent Roux d’Haiz’Egoa. Il rassemble 42 peñas, au dernier pointage. Sur un total d’environ 70 à 80 à Bayonne, en prenant tous les lieux, par extension. Les peñas pures sont 70 maximum. Toutes les “historiques” en font partie.
Certaines peñas n’ouvrent que pendant les fêtes de Bayonne. Qu’en pensez-vous ?
Jusqu’à présent, compte tenu de l’ambiance, du cadre, personne ne venait remettre en cause quoi que ce soit. Le GAB n’y a pas travaillé beaucoup, même si Laurent Roux a toujours fait la distinction entre nous et les peñas “garages”.
Qu’appelez-vous les “peñas garages” ?
Un garage, trois tréteaux, zéro condition de sécurité et d’hygiène… D’autres associations n’ouvrent que pendant les fêtes. L’idée serait de pouvoir faire la part des choses, avec une charte, dans laquelle les peñas s’engageront à participer à au moins un événement pendant l’année et à se sensibiliser à l’accueil du public et aux conditions de sécurité dans un débit de boisson. Il s’agit de se rapprocher d’un cadre de légal.
Les peñas exercent aujourd’hui sans aucun cadre légal ?
Avant, elles avaient une licence II, délivrée par la mairie. Avec l’augmentation de la fréquentation des fêtes et la hausse des normes légales, cette licence II n’est plus délivrée aux peñas depuis quatre ans.
Elles continuent pourtant à vendre de la bière, du vin et du cidre, comme des établissements disposant de la licence II…
L’intégralité des peñas est aujourd’hui dans un vide juridique en vendant de l’alcool.
Comment faire pour revenir “dans la légalité” ?
Nous travaillons à la création d’un “label peña”. Le profil des associations bayonnaises n’existe pratiquement qu’ici. Il s’agit de créer un canevas, un conventionnement, avec les autorités, l’Etat, la municipalité, les services fiscaux, l’Urssaf, pour que soit clairement défini ce qu’est une peña et quelles sont ses conditions d’exercice. Nous espérons y parvenir d’ici les fêtes 2013.
In fine, il s’agit aussi de récupérer la licence II…
Oui, mais cela va plus loin que ça. Il y a toute une partie travail de fond, pour, en gros, faire en sorte que dans 30 ans, nos enfants puissent encore être dans des peñas. Je veux répertorier celles qui voudraient rentrer dans le groupement et les amener vers une prise de conscience réelle. Que l’on sorte du “Je paye ma cotisation et on ne me fait plus chier dans l’année”.
Ce label permettra de faire le ménage entre les peñas…
Je veux d’abord avoir des arguments forts pour amener ceux qui ne savent pas comment exercer comme peña dans les valeurs de notre groupement. Il ne peut pas y avoir de ménage quand on ne connaît pas les règles au départ. Et je souhaite récupérer une assurance juridique pour tous les présidents de peña. Aujourd’hui, ce sont eux qui se trouvent en danger, là où il serait inenvisageable d’interdire l’ouverture des peñas pendant les fêtes de Bayonne.
Acceptez-vous de participer au financement de celles-ci ?
On en a discuté lors de l’assemblée générale du groupement. La position qui a été définie est de contribuer. La très grande majorité des peñas du GAB va verser une contribution exceptionnelle cette année. Chacune le fait de manière indépendante, à l’exception, légitime, des associations qui se trouvent dans un cadre un peu plus complexe, car elles participent déjà à une animation.
Quel montant sera accordé ?
Avec la commission des fêtes, nous avons convenu 250 euros minimum par association. J’accompagne cela d’un bémol. Oui, il y a une urgence financière. On souhaite aider à la résorber. Mais notre objet n’est pas de faire de l’argent. Et payer une contribution, c’est une taxation sur les bénéfices. En revanche, nous avons un savoir-faire dans l’organisation d’événements. Nous faisons la proposition, pour l’an prochain, de prendre en charge l’accueil des musiques de rue, aujourd’hui assuré par la commission des fêtes. Plutôt que de verser 250 euros.
Quels sont vos autres axes de travail en tant que président du GAB ?
Nous avons un groupe de travail sur la valorisation des activités des peñas. Nous allons recenser les associations et leurs activités, pour pouvoir élaborer des critères concrets de valorisation. Par exemple, les peñas représentent 400 événements dans l’année… Nous sommes également en relation avec les cafetiers et les riverains pour travailler de manière concertée et toute l’année sur les fêtes nocturnes. Enfin, nous sommes impliqués à la commission des fêtes pour participer à la réduction de leur coût.
Y a-t-il une ligne directrice que vous souhaitez imprimer à votre présidence ?
S’il doit y avoir une marque de ma mandature, c’est la concertation et la durabilité des peñas. Pour que nos enfants puissent y faire la fête dans 30 ans. Il faut arrêter de croire que tout est cadre légal. Nous sommes avant tout des associations culturelles et festives. Quand un groupe vient chanter dans une peña, on coupe la musique…







