Culture
Une organisation plus que chaotique pour un Big Festival à la dérive

25/07/2012
Billet d’humeur : Techniciens, artistes, bénévoles, festivaliers, à l’unisson pour dénoncer les conditions déplorables du festival
Un festival qui s‘annonçait pourtant “sous les meilleurs auspices”, dixit les organisateurs. Mais alors que les trois éditions précédentes avaient déjà échauffé les esprits, cette quatrième est celle de trop.
Certes, une poignée de personnalités “hype” se réjouit et se félicite de ces quatre journées, mais ils sont bien loin de représenter une majorité. Une majorité d’où les critiques fusent de part et d’autre, qu’ils soient artistes, bénévoles, festivaliers ou encore techniciens, pour le constat navrant d’une organisation défaillante, et désengagée de toute notion de respect.
Sans parler de Pete Doherty qui annule sa venue pour une énième hospitalisation, ce sont M83, têtes d’affiches du samedi et Berri Txarrak qui refusent d’assurer leurs prestations. Le DJ Yuksek a quant à lui préféré stopper son concert avant la fin, sous prétexte d’une sonorisation médiocre. Derrière cette série d’annulations, des “caprices de divas” comme voudrait le faire entendre la ville de Biarritz, la production est pointée du doigt. Le groupe navarrais Berri Txarrak s’est exprimé dans un communiqué : “C’est la première fois en 18 ans de carrière que nous suspendons un concert, une décision drastique qui n’a pas été prise de bon cœur, surtout vis-à-vis de ceux qui ont payé leur entrée… Le traitement des responsables de production est inacceptable. Le contrat n’a pas été respecté en amont, y compris dans les modifications faites le jour même du concert sans aucune consultation préalable.” Même décision pour la formation électro antiboise M83, qui se voit contrainte d’annuler pour des conditions inacceptables, des horaires modifiés à la dernière minute.
Une technique malmenée
Les artistes ne sont pas les seuls à subir les états d’âmes et le manque de considération de l’organisation. Derrière, dans les coulisses, les techniciens œuvrent au bon déroulement du festival. Mais travailler de 10 heures du matin à 18 heures sans pause déjeuner, ça fait un peu long. “Nous avons dû faire un semblant de grève pour obtenir des carottes râpées et des sushis, sans parler de la bataille permanente pour avoir une bouteille d’eau, alors que c’était champagne dans les loges.”
Le concert de Joey Starr a été interrompu par une panne de courant. Une panne qui n’aurait pas eu lieu d’être “si un groupe électrogène avait été prévu par la production, comme cela se fait pour tous les festivals. Rien a été pensé en amont”.
La “Big Loose”
Et face à toutes ces déconvenues, une production qui reste muette. Un semblant de communiqué sur le Facebook du Big Festival, qui se décharge de toute responsabilité quant à l’annulation de M83 : “A la suite de cet incident technique survenu en milieu de soirée et occasionnant un décalage de 30 à 45 minutes dans l’ordre de passage, M83 a pris la décision de ne pas honorer sa présence sur scène et ce malgré tous les efforts mis en œuvre par les organisateurs pour maintenir la prestation… Nous faisons dès aujourd’hui la promesse d’une 5e édition où l’imprévu n’aura pas sa place et y travaillons dès cet instant.” Pour le reste, aucune déclaration, la production ne souhaitant pas s’exprimer à ce jour. Un manque d’honnêteté, de respect et d’humilité, qui a fait défaut au Big Festival auquel plus beaucoup ne croient.
Rien de bien étonnant à ce que les festivaliers se défoulent à présent sur les réseaux sociaux. Et les témoignages pleuvent. Une organisation déplorable, la désinformation quant aux navettes, le prix du pass, au-dessus de festivals tels que le Garorock, les Vieilles Charrues, un site Internet mal construit, des annulations non remboursées. Et sur place, des tarifs de consommation exorbitants, des files d’attente interminables, une Big Boîte sélective, aucune information quant aux annulations…
Bref, le festival à l’initiative de Sébastien Farran, coproduit par les maisons de production Lickshot Entertainment, Get In et avec le soutien de la ville de Biarritz, se veut à la dérive. Sans respect du territoire où l’on s’implante, de ses techniciens et festivaliers, il est difficile de prétendre à un festival pérenne et de qualité.
Cécile VIGNAU







