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L'opinion - Tribune Libre

La Vierge Marie chez les musulmans et les chrétiens ?

20/07/2012

F. -X. ESPONDE / Aumônier

Tradition originelle de l’Orient, Marie fêtée plusieurs fois dans l’année par les chrétiens et ce 15 août, jour de l’Assomption, est curieusement vénéré aussi par les musulmans comme un modèle unique de vie spirituelle.

Le souvenir de Lépante en 1571 en retour conforte l’influence singulière qu’elle exerça comme étendard majeur d’une résistance aux Turcs musulmans en ces terres d’Orient où les guerres politiques ne sont jamais privées de postures sous influences religieuses…

En 1683 à nouveau, pour la mémoire, le roi de Pologne viendra au cœur de l’Europe “libérer Vienne” de l’occupation par les Turcs, et si les soldats s’affrontent sur le terrain de la guerre, Marie des uns et Meriem des autres deviennent bien souvent le lien et la passerelle de la réconciliation.

Par 34 fois Marie est citée dans le Coran, plus souvent disent les savants que dans les Evangiles. Elle se prénomme “Lalla Meriem” et la sourate 19 ne tarit pas de louanges pour lui réserver une place unique chez les hommes et les femmes : “Marie préférée et purifiée par Dieu, choisie au-dessus de toutes les femmes de la Terre dans ses apparences de pureté lumineuse et sa forme angélique.”

Mais en cela, elle n’est jamais la mère du fils de Dieu, par Jésus, ce qui reste le point d’opposition majeur entre les deux religions à propos de Marie.

Les textes anciens cités et recueillis comme l’Evangile oral proto-Evangile de Jacques, l’Evangile du pseudo Mathieu, des récits et des traditions orales nombreuses entretiennent ce culte particulier à Meriem.

Un luxe abondant de ces textes apocryphes imagés et colorés grouille où force détails pour cette naissance de Jésus hors les règles officielles, d’une mère célibataire, fuyant vers l’Orient jardin cité du Liban, accouchant au pied d’un dattier en fruits, comblée de ses graines généreuses.

Mère d’un enfant d’une exceptionnelle précocité, prenant dès son berceau la défense de sa mère injustement calomniée par les hommes.

Sujette de visions, visitée par les anges dont Gabriel cité dans le texte, Marie et Jésus ont dans le Coran un statut à part.

Les chrétiens moins disposés du côté de ces narrations illustratives en donneront un contenu plus succinct et plus austère.

“Mère de Jésus, mère de l’Eglise”, les deux familles religieuses s’accorderont à rappeler qu’elle n’est pas Dieu ni une quelconque divinité, inacceptable dans les deux cas.

Mais à l’occasion du 15 août, de plus en plus de musulman(e)s et de chrétiens la vénèrent en ces sanctuaires marials de Fatima au Portugal, en Espagne ou à Lourdes.

Les musulmans lui portent un culte supérieur par Mahomet lui-même, particulièrement cette année au temps du mois de ramadan à partir du 20 juillet.

La dévotion à Marie de compagne et d’épouse, d’amie et de confidente, de mère et de fille est et demeure intime à chacun dans sa religion.

Difficile en l’état de démêler les secrets voilés de cette histoire !

inprimatu