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Pays Basque

La prison de Villefranche-sur-Saône à l’étude

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20/07/2012

Carole SUHAS

Que se passe-t-il à la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône ? Cette question, qui a déjà eu l’occasion d’être soulevée, va faire l’objet d’une nouvelle enquête de Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privations de libertés. A l’origine de cette nouvelle mise en cause de l’établissement, les mauvais traitements reçus par les détenus basques Ibon Goieaskoetxea, Julen Mujika et Ruben Ribero le 1er juillet dernier, ainsi que l’interdiction d’entrée à un visiteur de Julen Mujika.

Le pôle saisine du contrôle général des lieux de privations de liberté a ainsi été saisi, ce qui donnera lieu à une enquête dans les mois à venir. “Les deux associations [Herrira et Etxerat, ndlr], nous on fait part de certains agissements, donc on va enquêter pour démêler tout ça. Mais ça n’implique pas que nous allions sur place et nous sommes soumis au secret professionnel”, précise-t-on du côté du contrôle général des lieux de privations de liberté.

Action publique

Samedi 14 juillet dernier, des représentants du mouvement Herrira ainsi que du collectif des familles de prisonniers basques Etxerat se rendait en effet devant les portes de la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône pour dénoncer “des actes de violence dont se sont rendus responsables des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire” et alerter ainsi l’opinion publique et les médias. A l’occasion d’une rencontre avec la directrice de l’établissement concerné, cette dernière confiait que “si [sa] hiérarchie lui demandait la mise en place d’une enquête interne, elle le ferait”.

Par ailleurs, les prisonniers basques “ayant fait l’objet de cette agression” vont probablement effectuer un recours juridique, ajoute Herrira. Quant aux membres des familles concernées par l’incident du 30 juin dernier, elles auraient reçu, comme l’indique le mouvement, “un courrier signé de la direction de la maison d’arrêt les informant que la reproduction d’un tel incident les mettait en situation de se voir retirer leur permis de visite”.

 

Récidive pour la maison d’arrêt de la région Rhône-Alpes

La maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône a déjà eu l’occasion de faire l’objet d’une enquête du contrôle général des lieux de privations de liberté il y a quatre ans de cela.

Du rapport final établi par Jean-Marie Delarue en janvier 2008, contrôleur général, il ressort que “les différents entretiens menés par les contrôleurs mettent cependant en évidence [...] une rigidité du personnel des parloirs, qui se manifeste dans l’absence de tolérance au moindre retard et dans le refus d’accès à l’établissement après trois passages ayant déclenché le portique de détecteur de métaux. Cette intransigeance a été relevée par les détenus, par leur famille et l’association Asafpi, qui notent des écarts dans les pratiques des différents établissements”.

Il aurait également été “rapporté de manière générale que les surveillants du parloir adoptent un ton et un comportement inadaptés à l’égard des visiteurs, qui ont le sentiment que les personnels reproduisent sur eux le lien d’autorité qu’ils ont avec la population pénale”.

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