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Sujet à la une

Un jeune entrepreneur se met en selle pour offrir un service de courses à vélo

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20/07/2012

Antton ROUGET

“Voilà, mon atelier, c’est ici.” Devant Rudy Nerambourg, 30 ans, un garage dans un lotissement d’Anglet. Trois vélos. Un casque. Un sac à dos de 30 litres. Et, c’est tout. Rien d’anormal : ce jeune autoentrepreneur souriant, fondateur de Of course !, est “coursier à vélo”. Une profession en développement dans les grandes villes, une nouveauté au Pays Basque.

C’est au moment où Rudy, avec sa femme et son enfant en bas âge, prépare son départ de la région parisienne pour rejoindre le Pays Basque en janvier 2012 que ce graphiste de formation envisage “d’essayer quelque chose de nouveau”. En quittant “la grisaille et la pollution”, Rudy change de cadre, certes, mais rencontre aussi un autre contexte économique, un “secteur du graphisme bouché.” Passionné de cyclisme, épris de la pratique urbaine du deux-roues, c’est un soir en sortant du travail, à quelques semaines de son déménagement, que lui vient l’idée de se lancer dans la course à vélo. Coursier, un milieu qu’il côtoie à Paris où il travaille depuis trois ans dans une agence de graphisme.

“Les coursiers à vélo se développent dans toutes les grandes villes” : Rudy prend connaissance de multiples expériences aux quatre coins du monde. Aux Etats-Unis où la profession est “entrée dans les mentalités”, mais aussi, depuis une dizaine d’années, au Royaume-Uni, en Pologne ou encore en Allemagne. Rapidité des courses sur les courtes distances et dans les zones de forte circulation, fiabilité du dispositif : le vélo présente plusieurs avantages. Et puis, le jeune autoentrepreneur insiste : “C’est un moyen de transport totalement écologique”. Un coup de pédale sans CO2. Un coup de frein à la “catastrophe vers laquelle on va”.

“Il ne vaut mieux pas, ici, que la pluie soit un problème”, ironise Rudy quand on évoque les limites posées par la météo. Coupe-vent imperméable, garde-boue, sac à dos étanche pour les colis : seules des conditions “extrêmes”, les “tempêtes”, peuvent dissuader le coursier. Et de citer les exemples de Copenhague, Edimbourg ou Vancouver où les coursiers travaillent pendant les quatre saisons. Faisabilité du projet, études de marché, etc. : en janvier, dès son arrivée au Pays Basque, c’est à l’aide de la Chambre de commerce et d’industrie de Bayonne-Pays Basque que Rudy se met en selle. “La présence d’un coursier à vélo dans une ville est un symbole que les choses bougent”, défend le cycliste. Convaincu que l’initiative va se développer, il évoque le besoin de faire connaître le projet, de faire de “la pédagogie autour de ce principe tellement nouveau” : les “gens pensent que le vélo, c’est la balade du dimanche, mais c’est un vrai mode de transport”. Pour preuve, les “110 km par jour” effectués en moyenne, “certains font même jusqu’à 180 km en Belgique”.

Touchant pour le moment des aides du Pôle emploi pour “manger et payer le loyer”, il aura besoin d’effectuer 20 courses par jour pour que son projet soit rentable. Si ça ne marche pas, “je ferai autre chose”, relativise Rudy.

Il se lance en livrant des colis pour un prothésiste dentaire qui a adhéré au concept. Tourné vers les professionnels, le dispositif “peut aussi rendre service” aux particuliers.

Et puis, un jour, Rudy compte bien se développer : “Créer un ou deux emplois, ce serait mon souhait le plus cher, un rêve.”

 

Des livraisons de colis sur le BAB et ses environs

Les courses dispensées par l’entreprise Of course ! se font sur le BAB (Bayonne, Anglet, Biarritz), mais aussi dans ses environs (Boucau, Bidart, Bassussarry, etc.).

A l’aide d’un sac à dos totalement étanche, Rudy peut transporter à vélo petits colis, plis, et autres fleurs.

De la simple course occasionnelle aux livraisons régulières en passant par les tournées, Of course ! est un service destiné aussi bien aux professionnels qu’aux particuliers, du lundi au vendredi.

Le paiement des courses s’effectue à la fin de chaque mois en suivant un système de bons.

Le prix d’une course varie selon la vitesse souhaitée (de deux heures à 40 minutes : “Normal”, “rapide” et “super-dopé”) et la distance à parcourir (deux zones différentes : une pour les villes de Bayonne, Anglet et Biarritz une autre pour les communes limitrophes).

Horaires exceptionnels le matin, le soir ou le samedi matin, surcharge au-delà de 4 kg, livraison à heure fixe, etc. : plusieurs suppléments sont aussi disponibles.

Toutes les informations nécessaires et les devis personnalisés en contactant Rudy par téléphone au 07 70 00 50 08 ou par courriel à ofcourse64@gmail.com.

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