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Santé service : «Bienvenue chez vous, on s’occupe de tout !»

13/07/2012
Entretien avec Anne COUSTETS / Médecin directrice de Santé service Bayonne Sud des Landes
Santé service, un nom qui résonne familièrement aux oreilles des habitants du Pays Basque tant cette association de soins infirmiers à domicile et d’hospitalisation à domicile est un acteur majeur de la société dans la prise en charge des personnes nécessitant de l’aide et des soins à un moment ou un autre de leur vie. Cette année, et ce pour la troisième fois, Santé service a obtenu de la Haute Autorité de santé (HAS) une certification. La certification est une procédure obligatoire d’évaluation externe. Cerise sur le gâteau, Santé service a obtenu cette certification au plus haut niveau, ce à quoi ne parviennent que 16 % des établissements évalués. Anne Coustets est la médecin directrice de Santé service depuis 16 années et nous apporte des informations sur cette association.
Pouvez-nous parler de la création de Santé service ?
Santé service est une association loi 1901 qui a été créée en 1968 par le Dr Thielley qui était urologue et président du comité départemental de la Ligue contre le cancer. C’est la première structure de ce type qui a été montée en province. Il en existait seulement à Paris. Aujourd’hui, Santé service regroupe 220 salariés pour 100 places en HD (hospitalisation à domicile) et 400 places pour les soins infirmiers à domicile. Pour l’hospitalisation à domicile, nous intervenons sur tout le Pays Basque, sauf en Soule. Pour les soins à domicile, également sur tout le Pays Basque et le Sud des Landes, sauf les cantons de Bidache, Hasparren et La Bastide-Clairence.
Que vous apporte la certification que décernée par la Haute Autorité de santé (HAS) ?
La certification est une procédure d’évaluation externe intervenant tous les quatre ans. Nous avons obtenu une nouvelle fois le plus haut niveau de certification. La certification est une procédure qui se déroule en plusieurs étapes : nous réalisons d’abord une auto-évaluation qui nous permet de détecter des points à améliorer, puis pendant plusieurs jours, des experts visiteurs de la HAS évaluent l’établissement, son fonctionnement et ses pratiques de soins. Nous souhaitons toujours améliorer la qualité de nos soins et la certification permet de garder intacte cette motivation et d’évoluer.
Quelles personnes font appel à vous ?
Concernant les soins infirmiers, nous nous adressons à des personnes âgées, handicapées et en perte d’autonomie. Nous avons aussi une équipe spécialisée dans la maladie d’Alzheimer ou démence apparentée. Pour l’hospitalisation à domicile, il s’agit souvent de patients plus jeunes atteints de pathologies qui nécessitent un traitement intraveineux, une alimentation artificielle, de gros pansements ou des traitements au long cours. Nous sommes le plus souvent contactés par le médecin traitant ou le médecin hospitalier. C’est le médecin traitant qui fait la prescription et nous, médecins de Santé service, nous coordonnons les soins. Nous prenons en charge le matériel, les déchets, les analyses de laboratoire. Santé service est une équipe qui n’est pas seulement composée de médecins et d’infirmières. Psychologue, ergothérapeute, orthophoniste, assistante sociale et diététicienne, kiné, se relaient auprès du patient pour sa prise en charge globale personnalisée 24h/24. C’est une équipe pluridisciplinaire.
Concernant le coût pour les patients, il s’agit de la même chose qu’à l’hôpital et nos patients sont à 99 % pris en charge à 100 %. Nous nous occupons également de la prise en charge des dossiers administratifs de nos patients.
En 15 ans, les prises en charge des patients ont-elles évolué ?
Ce ne sont plus les mêmes prises en charge, la population vieillit et il n’y a plus forcément l’entourage familial. Pour l’hospitalisation à domicile, cela est différent.
Quels sont vos objectifs pour les années à venir ?
Nous souhaitons installer l’informatique au domicile des patients d’ici à deux ans, afin d’avoir les informations en temps réel et ainsi mieux coordonner et éviter les transmissions. Cela va nous aider et je pense personnellement que la télémédecine est l’avenir.
N’y a-t-il pas un risque de déshumanisation ?
Non, l’informatique est simplement un outil supplémentaire qui facilitera notre tâche. La relation humaine et de soin restera intacte.
Concernant l’hospitalisation à domicile, les patients ne se sentent-ils pas plus en sécurité à l’hôpital ?
Dans tous les retours que nous avons, les patients préfèrent être chez eux et ne pointent pas du doigt l’insécurité. De plus, nous réalisons un véritable travail de soutien de l’entourage, afin qu’ils ne s’épuisent pas. J’ai rarement vu des échecs dans l’hospitalisation à domicile, nous avons souvent des patients très jeunes qui préfèrent être chez eux et vivre dans leur cadre de vie habituel.
Concernant le vieillissement de la population, il est courant d’entendre dire, souvent de la part des plus jeunes, à quoi bon vivre sans autonomie. Qu’en pensez-vous ?
Je suis gériatre de formation et je peux vous dire que beaucoup de personnes dépendantes, voire démentes ou grabataires, s’accrochent à la vie et n’ont pas envie de mourir. Le problème est que dans cette société de performance, quand on vieillit, on est moins performant. Mais vieillir, c’est tout simplement le cours de la vie ! De quel droit irait-on décider d’arrêter et où met-on le curseur ? Nous ne sommes pas là pour décider de n’importe quoi. Même en soins palliatifs, les malades ont des projets de vie : pour l’un, c’est d’aller voir la mer une dernière fois ; pour l’autre, c’est d’assister à un match de rugby tous les dimanches, ou simplement d’aller dans son jardin. Et cela demande une sacrée infrastructure que nous pouvons assumer.
Vous êtes à Santé service depuis 16 ans. Quel bilan en tirez-vous ?
Je trouve ce travail d’équipe et de coordination extraordinaire et je pense que le domicile est une excellente solution. “Bienvenue chez vous, on s’occupe de tout !” avons-nous coutume de dire.
Béatrice MOLLE







