L'opinion - Tribune Libre
La démocratie ou le pouvoir ?
13/07/2012
Manuel MARTINEZ / Biarritz
Récemment, nous avons eu les campagnes électorales, pour la primaire socialiste, pour la présidentielle, pour les législatives… Ouf !
Un fait m’a étonné, chacun de ses événements politiques a été abondamment émaillé, dans la presse, d’expressions guerrières : “Bataille pour la primaire”, “Les troupes sont en ordre de bataille”, “Bataille pour le perchoir”, “La guerre des chefs”, etc., etc.
Cela m’a donné matière à réflexion. Sur la manière dont les hommes politiques se situent dans le déroulement du jeu démocratique et la bonne gouvernance du pays. Cherchent-ils à jouer le jeu démocratique ou seule la recherche du pouvoir les motive ?
L’existence de L’OPPOSITION me fait nettement pencher pour la deuxième hypothèse.
OPPOSITION, substantif que j’écris volontairement en majuscules, parce qu’il n’est pas, comme cela devrait être, une péripétie temporelle de la politique.
L’OPPOSITION est un mouvement organisé, qui œuvre pour empêcher le gouvernement en place d’accomplir sa mission dans les meilleures conditions. Il n’est que de voir : hier, nous avons eu droit au discours de politique générale du Premier ministre. Ce discours, aux dires de la presse, s’est partiellement déroulé, paraît-il, sous les huées et les quolibets de “l’OPPOSITION”.
Considérant tout cela, pouvons-nous parler de démocratie quand, de fait, les élections ne sont que batailles rangées et luttes intestines pour l’obtention du POUVOIR ? Et de ses nourrissantes “miettes”…
Je ne le crois pas.
Un fait essentiel confirme mon scepticisme : Dans l’OPPOSITION, dès que les “batailles” et les “guerres de chefs” ont abouti à l’élection d’un leader, les “troupes” se rangent derrière lui, pour guerroyer contre ceux qui, en toute légitimité, ont gagné les élections.
Cette “union sacrée” devrait être la marque de la solidarité entre tous les politiciens, leur engagement total pour impulser les forces de la nation, défendre ses valeurs fondamentales et le bien-être de tous les citoyens.
Là, on pourrait parler de démocratie. Las, de toute évidence, ce n’est pas le cas.
J’irai jusqu’à affirmer que de fait, et ce quelle que soit sa couleur politique, l’OPPOSITION peut être assimilée à l’ennemi intérieur du pays !
Ce serait tout autrement si les perdants des élections et leurs partisans, prenant acte de la volonté de la majorité du peuple, unissaient leurs efforts à ceux des gagnants du moment, pour faire en sorte que la nation aille de l’avant, dans les meilleures conditions. Dans un esprit de réciprocité et bonne volonté ; l’objectif, supposé essentiel, étant le bien-être de tous.
Le moment venu, des nouvelles élections seraient organisées, pour permettre l’alternance des individus et non pas des partis.
Il ne fait pas de doute que chacun des participants ne pourrait que mettre la meilleure volonté dans son action ; sachant que c’est sur ses actes qu’il serait jugé. Non plus sur des vaines et fallacieuses promesses.
On peut toujours rêver, quel personnage, quel parti politique, accepterait cette règle du jeu politique, dans le sens citoyen du terme ?
Ce serait pourtant beau, émouvant, de voir tout un peuple uni dans son effort et son idéal, démocratique… Et la jeunesse pourrait espérer un avenir meilleur.







