RSS
Index > Edition papier > Culture

Culture

La Soule et Roquiague s’apprêtent à donner la pastorale José Mendiague

p011_ph01.jpg

12/07/2012

Cécile VIGNAU

Les fêtes de Bayonne n’ont pas l’exclusivité du 29 juillet. En effet, l’un des événements culturels majeurs souletins et de la tradition basque est donné à Roquiague à cette même date. Et pour cette nouvelle pastorale, le village choisit de dépasser les frontières de la Soule pour revenir sur la figure du bertsulari émigré José Mendiague (1845-1937).

Roquiague a donné sa dernière pastorale en 1995. “A la suite du défi réussi de la dernière pastorale, et forts de cette expérience, quelques jeunes d’alors ont voulu réitérer l’événement. En 2006, nous nous sommes mis dans les rangs et inscrits pour 2012”, explique l’actuel maire, Sylvain Ayphassorho. Et ils sont pas moins de 92 acteurs, 16 musiciens, 15 couturières et 90 bénévoles en charge de l’organisation générale à s’être mobilisés autour de l’événement.

Un événement fédérateur et unificateur au cœur de la Soule, où l’ensemble des membres du village sont impliqués, y compris une jeune génération éloignée et revenue pour l’occasion. A ce propos, l’association Arrokiaga, porteuse du projet, est née en 1994 afin  de préparer à la pastorale Agirre presidenta, au vu du peu de danseurs au sein du village. Une initiative qui perdure avec désormais un groupe de danse actif.

“Une coloration latine”

Sept mois de travail et de répétitions, donc, pour trois heures de spectacle autour de la vie du Bas-Navarrais José Mendiague, qui se fait le témoin de son époque. Jean Bordaxar, auteur de la pastorale, revient sur la thématique choisie : “José Mendiague sert de point de départ à une période marquée par l’émigration des Basques vers l’Amérique latine, ici l’Argentine et l’Uruguay. J’attache un côté important à l’histoire, à notre propre histoire et au regard que les Basques ont porté sur les guerres de pouvoir en Amérique latine. Nous avons également voulu rendre hommage à tous ces Basques qui sont partis un jour en laissant tout derrière eux.” La vie et l’œuvre du bertsulari serviront donc à mettre en valeur la toile de fond qu’est l’émigration des Basques à cette époque.

Et une thématique singulière qui dépasse les frontières donne forcément une nouvelle teinte à la pastorale. L’on retrouvera en effet une danse argentine, mais également deux chants uruguayens et une danse d’inspiration des provinces du Labourd, de Soule et d’Amérique latine. Pour poursuivre dans cette dynamique d’échanges, un professeur de basque en Uruguay sera présent, ainsi qu’un membre de la North American Basque Organisation (Nabo) et l’association Euskal Argentina. Autant de témoins et d’acteurs de cette émigration et qui ont apporté leur témoignage à Jean Bordaxar.

Il est conseillé de réserver ses billets à l’avance pour les deux représentations données les 29 juillet et 5 août, à 15h30 précises : “La pastorale reste l’une des seules manifestations culturelles qui commence à l’heure !”, conclut Sylvain Ayphassorho dans l’humour.

inprimatu