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Pays Basque

Novatrans et ses 22 emplois dans l’attente

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11/07/2012

Carole SUHAS

L’heure était au blocage chez Novatrans à Mouguerre. La filiale, détenue à 96 % par la SNCF, voit s’avancer sa “mort programmée”. Alors qu’avait lieu hier le conseil d’administration de la société Novatrans à Paris, censé statuer sur l’avenir du “leader du transport combiné français”, les salariés des douze centres hexagonaux, dont celui de Mouguerre, bloquaient symboliquement le site.

Car l’avenir est plus qu’incertain pour les 22 emplois mugertar. A l’étude, une hypothétique reprise du groupe à l’exercice très déficitaire (perte de 18 millions d’euros en 2001) ou bien une liquidation à l’amiable qui conduirait à un plan de sauvegarde de l’emploi. Informés en décembre 2012 de leur situation précaire, les salariés ont vu défiler trois options.

Pas de recapitalisation

La première, celle d’une recapitalisation à hauteur d’une cinquantaine de millions d’euros par la SNCF. Option vite écartée par le grand groupe français qui a déjà injecté quelque 60 millions d’euros dans l’entreprise depuis 2009 et le premier plan social chez Novatrans. La SNCF, qui avait alors 40 % de Novatrans, recapitalisait à hauteur de 96 %. Actuellement, comme l’a annoncé le directeur général du groupe SNCF-Géodis, Pierre Blayau, il y a quelques jours de cela, “le groupe SNCF se retire de Novatrans”.

La seconde, celle d’une reprise, “un bruit de couloir” pour les salariés du site de Mouguerre. “Si l’entreprise ne marche pas, c’est parce qu’il n’y a pas de réelle volonté politique de faire fonctionner le combiné rail/route”, estime Lionel Pachon, l’un des salariés du site. “C’est à la mode de dire que l’on est pour le ferroutage, mais dans les faits, c’est autre chose”, assène ce dernier.

Emerge alors la troisième alternative, qui se rapproche de plus en plus : la liquidation. Cette dernière entraînerait alors la disparition du centre de Mouguerre (et des onze autres) et provoquerait l’entrée de “plus de 500 000 camions par an sur les routes”, estiment les salariés. Outre l’aspect social, cette situation est aussi un problème écologique en matière d’augmentation des gaz à effets de serre et du transport de matières dangereuses. “Ce sont des bombes sur châssis que l’on enverra sur la route”, présage amèrement Lionel Pachon.

Quant au reclassement de ces emplois, la SNCF – qui a déjà coupé dans la masse salariale en licenciant 17 personnes entre Bayonne et Hendaye – s’est engagée à un reclassement. Chez Novatrans, l’heure est donc au doute. Il faudra attendre demain pour savoir ce qu’aura donné ce conseil d’administration qui devrait s’avérer déterminant.

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