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Pays Basque

La solidarité avec les mineurs s’organise

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11/07/2012

César MOUSSEMPES

“¡Nosotros no estamos indignados, estamos hasta los cojones!” (Nous ne sommes pas indignés, nous en avons plein les couilles !), “Si nuestros hijos pasan hambre, los vuestros verteran sangre” (Si nos enfants meurent de faim, les vôtres verseront du sang). Depuis deux mois, les slogans reflètent les claires intentions des mineurs en lutte des Asturies, du León et d’Aragon. Des initiatives de soutien fleurissent ces jours-ci en Pays Basque. C’est avec pour slogan “Solidarité avec les mineurs en lutte” qu’avait lieu hier un rassemblement à Bilbo organisé par le mouvement internationaliste Askapena, Ahaztuak 1936-1977 et Elkartzen.

Amaiur avec les “gueules noires”

Face aux grands dangers qu’encoure leur profession et en écho à leurs autres actions (voir article page 7), les mineurs ont décidé de rallier Madrid à pied depuis les bassins miniers du nord de l’Etat espagnol. Marche à laquelle la coalition abertzale de gauche Amaiur, présente au Parlement espagnol, a décidé de prendre part.

Egalement choqué par le désastre économique que subissent les mineurs (qui étaient 53 000 en 1985 pour ne plus être que 8 000 aujourd’hui), et par conséquent l’ensemble des habitants des bassins miniers, un membre de l’initiative Ez Irentsi (qui effectue des tours de jeûnes chaque 48 heures en soutien à une cause différente) a décidé de cesser de s’alimenter durant deux jours à l’occasion de l’arrivée de la “marche noire” hier dans la capitale castillane.

Excédés de voir les banques recevoir 20 milliards d’euros d’aide alors qu’eux ne perçoivent plus que 111 millions d’euros cette année, les mineurs radicalisent leur lutte, n’hésitant pas à donner à celle-ci l’allure violente de leur révolte. Les forces spéciales de la garde civile envoyées sur place n’hésitent pas, elles non plus, à user d’une dure répression, blessant chaque jour plusieurs personnes et en arrêtant à la moindre occasion.

Dans l’Etat espagnol ce combat ne peut que réveiller la mémoire collective et rappeler la lutte radicale – et pour beaucoup héroïque – menée en 1934 dans ces mêmes régions et réprimée dans le sang par un certain colonel Franco. Il s’agit désormais pour eux de ne pas laisser l’histoire se répéter.

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