L'opinion - Tribune Libre
Appel aux députées
11/07/2012
Isabelle BORDENAVE, Véronique DE LA DEVEZE, Maider ETXOAN, Amaia FONTANG, Christiane TEULON, Joëlle USTARITZ / Membres du Collectif féministe contre les violences sexistes
Binta Keita tuée à coup de fusil. Tout comme Sophie étranglée. Audrey tuée à coup de fusil. Begoña frappée à mort. Liliane poignardée. Carlota battue à mort et étranglée. Marie-Laurence tuée dans un incendie volontaire. Marie-Jeanne et Marie-Jeanne tuées à coup de fusil. Annie tuée à coup de fusil. Kristine, étranglée. Sophie tuée à coup de fusil.
Toutes ces femmes ont été tuées ces six dernières années en Iparralde par leur compagnon ou ex-compagnon.
Elles ont été niées par leurs assassins qui se croyaient propriétaires de leur vie.
Nous voulons les rappeler à la mémoire collective, à notre mémoire.
Nous ne souhaitons pas la mort des agresseurs, mais la vie de leurs victimes.
Mais attention : celui qui a porté la main n’est pas seul coupable.
A ceux qui nous ressassent que les femmes provoquent souvent l’irréparable, nous voulons dire que les violences sont l’affaire de toutes et tous : éducateur-trice-s, conjoints, ami-e-s, collègues, voisin-e-s, passant-e-s…
Il y a six ans, dans l’Etat français, une femme mourait tous les cinq jours sous les coups de son compagnon ou ex-compagnon. Aujourd’hui, une femme meurt tous les deux jours et demi.
Ici comme ailleurs, une femme sur dix est victime de violences conjugales.
Ici, comme ailleurs, la loi du silence est souvent de mise.
Parce que nous savons que le silence est le meilleur allié des agresseurs, nous répétons sans relâche ces mêmes mots depuis six ans, et nous continuerons à les répéter.
Nous continuerons parce que nous sommes toutes et tous des conjoint-e-s, ami-e-s, collègues, voisin-e-s, passant-e-s, nous pouvons toutes et tous être témoins et nous ne voulons pas être complices.
Tant que la société et les pouvoirs publics toléreront les propos, les agressions et les discriminations sexistes, tant que l’éducation sera basée sur les rapports de puissance et de domination des hommes sur les femmes, des hommes se sentiront propriétaires du corps et de la vie des femmes.
Tant qu’une loi-cadre ne sera pas votée et appliquée, des hommes se sentiront propriétaires du corps et de la vie des femmes.
C’est pourquoi nous attendons de nos députées, madame Alaux et madame Capdevielle, qu’elles proposent, fassent voter et appliquer sans délai une loi contre les violences de genre que les collectifs féministes, les femmes victimes de violences appellent de leurs vœux depuis trop longtemps.







