Pays Basque
Graphipole a finalement trouvé un repreneur

10/07/2012
Carole SUHAS
“Tout ça pour ça”. Voilà ce que pourront dire ceux qui ont suivi l’affaire Graphipole pendant ces longs mois. Après une attente angoissée, les salariés du groupe devaient être enfin fixés hier, Jean-Marc Galabert devrait en toute logique continuer le travail qu’il a commencé il y a quelques mois à la tête de l’empire, qui a, il faut le dire, du plomb dans l’aile. Une histoire rocambolesque qui avait démarré somme toute assez classiquement.
En avril 2011, Jacques Darrigrand, le “grand patron”, avait choisi Jean Le Gall pour assurer sa succession à la tête du groupe Graphipole (impression et édition). Seulement, coup de tonnerre en juin, au moment où l’on découvre que le groupe est en redressement judiciaire. A partir de là, tout s’enchaîne. L’objectif premier est alors de trouver un repreneur solide avant que le groupe, et ses emplois, ne s’effondre totalement. Mais c’est sans compter sur la pugnacité, où l’entêtement selon les points de vue, de Jacques Darrigrand.
En pleine procédure de redressement judiciaire, les salariés voient arriver le chevalier Galabert en décembre. L’homme d’affaires qui avait sauvé la villa Belza à Biarritz est donc de retour 25 ans après, proposant de “régler tous les arriérés et de sauver 20 emplois” sur une cinquantaine. Une offre retenue le 20 décembre dernier par le tribunal de commerce bayonnais. Les salariés soufflent : “même” si une trentaine de salariés restera sur le carreau, le groupe survit.
Les pieds dans le plat
Seulement voilà, Jacques Darrigrand, qui avait souhaité bon vent à son successeur, revient sur sa décision quelques jours après et décide faire appel de la décision de justice. Les salariés sont atterrés, Jean-Marc Galabert contrarié, et Jacques Darrigrand évoque de meilleures possibilités. Notamment celles des propositions de reprise de l’imprimerie Laffont d’Orthez, Bonnin-Laffontan de Hendaye ou de l’ex-international de rugby, directeur sportif du Stade Français, Richard Pool-Jones. Des dossiers pourtant retoqués par le tribunal de commerce.
S’ensuivent des conflits ouverts entre J. Darrigrand et ses anciens salariés, entre J. Darrigrand et son successeur. Pendant ce temps-là, Galabert investit dans le redressement du groupe.
Nouveau coup de théâtre le 7 mai dernier. La cour d’appel de Pau demande au tribunal de commerce de Bayonne de revenir sur son jugement du 19 décembre. Colère noire chez les salariés qui s’inquiètent pour leur rémunération – impossible – et pour leurs indemnités de licenciements – absentes. Une décision “tardive et ubuesque” selon les salariés qui alertent le procureur et le maire de Biarritz.
Dénouement final ?
Petit ouf de soulagement quelques jours après, les salariés retrouveront un statut social grâce à la procédure de licenciement engagée par le mandataire liquidateur, Me Abbadie. Soulagement qui ne durera pas longtemps puisque le 22 mai, le parquet général fait appel de cette décision, suspendant de fait la liquidation du groupe et les indemnités pour les salariés.
Vient alors une nouvelle audience au tribunal de Bayonne au mois de mai donnant lieu à un jugement qui écarte définitivement Jacques Darrigrand de la gestion du groupe qu’il a fondé. Reste quand même que le groupe doit trouver un repreneur s’il ne veut pas couler. Ce devait être chose faire hier, mais à l’heure du bouclage, l’information n’était pas toujours pas confirmée.







