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Pays Basque

La CFDT lance sa 13e campagne saisonniers

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07/07/2012

Pierre MAILHARIN

Heures supplémentaires impayées, jours de repos non accordés, rythme de travail infernal… Au Pays Basque, la condition de saisonnier est souvent peu reluisante. “Une majorité” des employeurs s’adonnerait même à ce type de pratiques. Vendredi, au départ du petit train de la Rhune, une trentaine de militants CFDT les ont dénoncées en lançant la 13e campagne saisonniers du syndicat.

“Le thème ne change pas”, a annoncé Michel Larralde, secrétaire général Pays Basque. “Il s’agit de la défense des droits : salaires, conditions de travail, accès au logement et accès à la formation des saisonniers”. Dans un contexte cependant nouveau : “Pendant longtemps, l’image du saisonnier était celle des jeunes étudiants. Avec la crise, il n’est pas rare de rencontrer des salariés aux tempes grisonnantes qui postulent”.

Sur le terrain, l’appui s’effectue notamment via la Maison des saisonniers (MDS), structure interprofessionnelle fonctionnant depuis quatre ans sous l’égide de la Maison de l’emploi. “Trois problématiques ont été identifiées”, a expliqué Roland Bourdette, représentant CFDT à la MDS. “L’emploi, le logement et la médiation sociale”.

Environ 4 000 à 4 500 saisonniers travailleraient au Pays Basque, dont 30 % venus de l’extérieur. L’hôtellerie représenterait 40 %. “Dans un premier temps, la MDS dirige les demandeurs vers Pôle emploi puis effectue un suivi”.

Malgré l’appui du Foyer des jeunes travailleurs et du BIJ, 400 logements supplémentaires seraient nécessaires afin de loger les saisonniers extérieurs. La MDS souhaite un rapprochement avec la Région “pour l’utilisation des infrastructures vacantes dans les lycées durant cette période”. Histoire d’offrir à ces salariés un toit digne de ce nom quand “certains dorment dans des voitures ou sur la plage”.

Une commission litige

La “médiation sociale”, tentative de gestion des conflits avant procédure juridique, est organisée par la MDS à travers une commission litiges paritaire (un membre syndical et patronal). En dernier recours, la CFDT accompagne les salariés aux prud’hommes. “L’année dernière on a eu moins de dossiers. Mais depuis le mois de mai, 15 à 20 salariés nous ont appelés pour des conseils”, s’inquiète Jenofa De Lopeteguy, secrétaire générale Services. “Il y a obligation pour les employeurs à faire signer un registre d’heures au moins une fois par semaine ; 20 % des employeurs le font. Tant pis pour les autres. Quand des salariés arrivent aux prud’hommes et demandent 200 ou 300 heures supplémentaires, on les leur octroie”, ajoute-t-elle.

 

Expérimentation pour la sécurisation des parcours

Priorité de la CFDT, la “sécurisation des parcours professionnels” connaîtra cette année une expérimentation au Pays Basque, menée par la Maison des saisonniers auprès de dix à 15 salariés estivaux. “On voudrait faire en sorte que les salariés qui font de la saison puissent se former pendant leurs périodes creuses”, détaille Michel Larralde, secrétaire général de la CFDT. Cette procédure leur permettrait de valider leurs qualifications pour pérenniser leurs compétences et leur emploi.

Le syndicat explique que cette action constitue seulement “une étape”, espérant “pouvoir développer l’expérience vers d’autres publics saisonniers pour qui la saison n’est qu’un passage, mais dont l’objectif final est une qualification et un emploi pérenne en CDI”. In fine, la CFDT aimerait voir se développer un “passeport formation et compétence”.

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