Pays Basque
Laura Mintegi, candidate pour EH Bildu

04/07/2012
César MOUSSEMPES
Laura Mintegi Lakarra, née en 1955 à Lizarra en Navarre, a donc été choisie pour porter les couleurs de la coalition souverainiste de gauche Euskal Herria Bildu (EH Bildu) aux élections autonomiques dans la Communauté autonome basque. Cette professeure à l’université du Pays Basque dans la section de didactique de la langue et de la littérature est une femme de lettres reconnue par nombre de ses pairs. Présidente de l’Euskal PEN Kluba, membre d’Euskaltzaindia, collaboratrice de nombreux médias et lauréates de plusieurs prix littéraires, Laura Mintegi, qui vit depuis son plus jeune âge en Biscaye, portera une nouvelle fois à des élections des valeurs abertzale de gauche. Elle prit en effet déjà part à la liste de Herri Batasuna lors des élections au Parlement européen de 1987 et 1989 et fut l’an dernier candidate pour la coalition Amaiur à l’occasion des élections générales de l’Etat espagnol. Cette licenciée en histoire et docteure en psychologie a été présentée hier matin dans un hôtel bilbotar.
Sur la lancée de Bildu et d’Amaiur
Sous le slogan “Soluzio argiak” (Temps de solutions) Laura Mintegi et EH Bildu espèrent consolider les succès des coalitions Bildu et Amaiur. Pour cela, les priorités seront les mêmes. La première sera d’atteindre une paix durable. La candidate explique que face à “une démocratie qui maintient encore en prison, pour de seuls délits d’opinions, des journalistes et des militants politiques”, il s’agira de “construire une nouvelle démocratie ainsi que la paix”. “Mais la paix”, tient-elle à souligner, “ce n’est pas seulement l’absence de violence, c’est aussi la justice, le respect de toutes les opinions”. “Celui ou celle qui pense que la paix c’est seulement l’arrêt des actions armées de la part d’ETA se met le doigt dans l’œil”, a-t-elle ajouté.
Le droit de décider sera selon EH Bildu l’un des éléments primordiaux de cette paix retrouvée.
Changement de modèle
Le second axe important que souhaite mettre en avant la coalition sera la transformation sociale. Laura Mintegi tient à insister sur sa “farouche intention, par le biais de valeurs de gauche, de venir à bout de l’injustice sociale”. Liant la transformation sociale à la libération nationale, l’écrivaine annonce que “l’objectif est d’encourager l’autonomie personnelle et collective pour qu’un jour ce pays puisse être reconnu au sein de la communauté internationale”. “Nous sommes nombreux, celles et ceux qui parvenons à la conclusion qu’il n’y aura aucune sortie à la situation actuelle si nous continuons dans la lignée de ce capitalisme qui appauvrit, aussi bien humainement qu’économiquement. Il y a d’autres manières, plus participatives, plus solidaires et horizontales, où chacun aurions voix au chapitre, de s’organiser politiquement. Le temps des solutions est arrivé”, a-t-elle encore martelé. Car il est, selon elle, “temps de faire barrage au capitalisme sauvage”, il faudra aller dans le sens d’“une société gouvernée pour les citoyens et non pour les spéculateurs”.
Laura Mintegi et Euskal Herria Bildu sont donc désormais en ordre de marche pour conquérir le palais d’Ajuria Enea. Il reste cependant à savoir si les élections seront avancées à cet automne ou si le calendrier initial sera respecté (cf. encadré).
Elections en mars ou en novembre, les partis sont dans la course
En toile de fond de la présentation de la candidature de L. Mintegi, qui fait suite à celle d’Iñigo Urkullu pour le PNV, il y a la possibilité d’élections anticipées. Initialement prévues au printemps 2013, ces élections pourraient se tenir à l’automne du fait de la rupture du pacte qui liait les socialistes au pouvoir à Gasteiz au Parti populaire (PP). Patxi López, actuel lehendakari, risque donc d’avoir beaucoup de mal à gouverner les prochains mois d’autant que la période préélectorale n’est pas propice pour passer des accords. Cependant, il est le seul à pouvoir convoquer des élections et pour l’instant, il affirme qu’il ira jusqu’au bout de sa mandature. Le Parti socialiste entend faire campagne depuis l’institution, l’une des dernières qu’il contrôle encore dans l’Etat espagnol.







