Pays Basque
Natura ez da salgai, la nature n’est pas à vendre

23/06/2012
Pierre MAILHARIN
Rideau : vendredi, aux alentours de 12h45, la façade de la BNP de la place Clemenceau à Biarritz a disparu du champ de vision des badauds, recouverte de trois bâches géantes de plastique noir. Réalisée par le mouvement écologiste Bizi !, l’action symbolique visait à dénoncer la spéculation de la banque française sur les ressources naturelles, à l’heure où se tient le Sommet de la Terre à Rio. La colère, lisible sur le visage du directeur de l’établissement, en atteste : l’atteinte à l’image a fait mouche, même si elle n’a duré qu’une poignée de minutes. Et même si le dispositif prévu n’a pas pu être déployé dans son intégralité.
12h35 : une douzaine d’activistes, vêtus de tee-shirt verts, arrive au pied du bâtiment. Ils tentent de déplier une échelle pour atteindre le toit. Elle est trop courte. Changement d’endroit : le temps perdu ne permettra pas d’accomplir le plan en totalité.
12h40 : trois militants se sont hissés au sommet de la banque. Au sol, les autres distribuent des tracts explicatifs aux passants biarrots, tantôt interloqués, tantôt amusés ou intéressés. Premier moment cocasse : l’un des hommes en vert arrête ce qu’il prend pour un piéton lambda. “C’est pour dénoncer la spéculation de la BNP sur les ressources naturelles.” “Je suis le directeur de la banque”, lui répond sèchement l’intéressé. “Vous dégagez, j’appelle le commissariat.”
Le directeur avec Bizi ! sur le toit
12h45 : les activistes déroulent sur la façade, depuis le toit, trois bâches noires laissant à peine apparaître un des sigles BNP. D’en bas, on devine le directeur monté par l’intérieur, et probablement une ou deux autres personnes, qui tentent de manière musclée d’empêcher l’action de se poursuivre.
12h50 : dans le cafouillage, une banderole à moitié déchirée est brandie quelques secondes par les militants. On y lit : “Banque Niquons la Planète - Natura ez da salgai (la nature n’est pas à vendre)”.
12h52 : la police est sur place. L’action est terminée, les bâches arrachées. Un membre des forces de l’ordre, visiblement mal formé à la gestion de ce type d’agissements, semble inquiet au talkie-walkie : “On a pas mal de monde, on a du mal gérer tout ça”. Les militants ne sont déjà plus là.
12h55 : l’un de ses collègues s’amuse. “La dernière fois, ils avaient amené un vélo au maire [Didier Borotra, ndlr]. Mais je ne le vois pas beaucoup avec”.
Une chaîne humaine contre la marchandisation de la nature
A l’initiative de 24 associations locales, quelque 200 personnes ont formé mercredi soir sur la Grande Plage de Biarritz une longue chaîne humaine, afin de dénoncer “cette nouvelle étape dans la marchandisation de la nature et du vivant que constitue l’économie verte telle qu’elle est proposée par la Conférence officielle du Rio+20”.
Les 24 associations participantes : Les Amis de la Terre, Attac Pays Basque, Attac Landes côte Sud, Attac Marsan, Avenir Garazi-Baigorri, Bizi !, Cade, CCFD, Cimade, CGT Education 64, Collectif féministe contre les violences sexistes, Coordination anti-LGV, EHLG, ELB, Inter-Amap, LAB, LDH, Mouguerre cadre de vie, PAF, Terre et humanisme-Colibris, Surfrider Foundation antenne côte basque, Txirrind’ola, UDE (Ustaritz défendre l’environnement), Vegan Pays Basque.







