Pays Basque
EH Bai revendique d’avoir “arbitré” le second tour
22/06/2012
Pierre MAILHARIN
La coalition abertzale de gauche Euskal Herria Bai a dressé hier à Bayonne son bilan du deuxième tour des élections législatives. Xabi Larralde (Batasuna) et Peio Etcheverry-Ainciart (Abertzaleen Batasuna) ont insisté sur le rôle d’“arbitre” joué par la plate-forme lors de cette deuxième manche, bien qu’elle n’ait pas donné de consigne de vote explicite.
“Notre consigne a parfois été mal comprise et résumé en du ‘ni-ni’. Ce n’était pas du ‘ni-ni’”, ont-ils tenu à corriger d’emblée. “Entre la gauche et la droite, nous savons très bien faire la différence. Nous sommes une force de gauche. Notre premier objectif était de mettre en pièce la droite. Si nous n’avons pas pu appeler à voter PS, c’est parce que le PS ne s’est pas engagé sur la LGV, l’institution et la résolution du conflit”.
Pour autant, via un questionnaire adressé au PS et au MoDem, EH Bai invitait ses électeurs à se prononcer en fonction des réponses apportées. “Le PS n’a pas répondu”, a noté la coalition. “Deux de ses candidates, Sylviane Alaux et Colette Capdevielle, l’ont fait, mais pas Frantxoa Maitia”. Selon cette logique, dans les 5e et 6e circonscriptions, les deux premières ont été élues grâce aux voix abertzale, tandis que cet électorat “a empêché Frantxoa Maitia de passer sur la 4e”. Interprétation politique ? “Les intéressés eux-mêmes ont dit que la balance s’était faite par les abertzale, que ce soit Frantxoa Maitia, Mme Alliot-Marie ou Mme Alaux”, ont argué les deux responsables.
La coalition a par ailleurs fermement réagi aux dernières déclarations de Frantxoa Maitia. Qualifiée d’abertzale de droite pour avoir fait élire Jean Lassalle, elle rappelle que “quand Koxe Larre [abertzale] était arrivé second du premier tour aux cantonales à Garazi, Maitia, 3e, s’était maintenu en faisant gagner Inchauspé”.
Clientélisme
D’autre part, elle déplore des accents de clientélisme dans certains autres propos : “Dans tout ce qu’a dit Frantxoa Maitia, après une campagne lourde, on peut pardonner certaines choses prononcées sous le coup de la déception. Mais il y en a d’autres que l’on ne peut pas pardonner. Quand on commence à menacer Laborantza Ganbara ou ELB de leur sucrer les subventions, c’est du clientélisme. Ce même clientélisme qu’ont dénoncé Sylviane Alaux et Colette Capdevielle”.
Et de conclure, sur leurs relations générales avec Frantxoa Maitia : “Ce n’est pas trahir un gros secret que de dire qu’il y a un certain nombre de contentieux avec Maitia et les socialistes”.







