Pays Basque
Une expérience d’enseignement alternatif réunit autour de Bizi Toki huit familles

20/06/2012
Benjamin DUINAT
“Quels enfants allons-nous laisser au monde ?” est l’un des questionnements fondamentaux à l’origine d’une initiative pédagogique mise en place depuis juillet dernier à Béguios, en Basse-Navarre. Bizi Toki est une association née de la volonté d’un groupe de parents insatisfaits par l’offre d’enseignement. Aujourd’hui, douze enfants, procédant de huit familles distinctes, s’éveillent progressivement au rythme tranquille et serein de la ferme Goitia. Cette initiative collective est tournée vers l’éducation des bébés et des enfants en euskara.
Les principes fondateurs
Le projet Bizi Toki se fonde sur un ensemble de principes jugés absents ou insuffisamment développés au sein des écoles dites traditionnelles. Une batterie de valeurs organise la vie pédagogique de la ferme Goitia. L’une des premières est que les parents prennent en main l’éducation de leurs enfants. Or puisque cela s’avère difficile “dans les conditions de vie actuelles, le collectif œuvre pour que ce soit faisable”.
Les valeurs culturelles sont orientées vers “la survie de la langue basque en l’apprenant et en la parlant avec plaisir”. D’autres sont écologiques, comme tendre vers “des pratiques de vie quotidienne compatibles avec l’équilibre écologique”, ou encore “vivre au contact de la nature”. Aussi est-il jugé nécessaire d’acquérir “un mode de vie économiquement autonome en acquérant individuellement et collectivement des compétences permettant de satisfaire nous-mêmes nos propres besoins élémentaires”.
Les idées-forces qui sous-tendent la pédagogie alternative de Bizi Toki ont été résumées à la suite de maintes réflexions : “Eduquer sans punition ni récompense ; donner la liberté à l’enfant de choisir ses apprentissages suivant ses motivations.” Sur le plan social, Bizi Toki entend promouvoir, entre autres, le partage, le don réciproque et la communication non violente.
“Fais ce que je dis et pas ce que je fais !” pourrait être le juste contre-exemple de la philosophie adoptée par Bizi Toki. Ainsi, “il est pour nous évident que nous devons nous-mêmes vivre les valeurs que nous voulons transmettre aux enfants, car l’apprentissage est un processus d’acquisition spontanée des valeurs du milieu ambiant”, soulignent les membres de l’association.
Quel quotidien ?
Comment se passe la vie quotidienne des enfants et des parents ? “Les enfants doivent dormir suffisamment. Par conséquent, les activités commencent à partir de 10h30. Le matin, les enfants pratiquent des activités d’intérieur, comme la lecture, l’écriture ou le calcul. Ils ont une salle et un des parents les aide. Ici, la figure du professeur n’existe pas. L’idée, c’est de stimuler les envies des enfants”, avance l’un des membres qui préfère que l’on taise son nom car il s’agit d’un projet collectif. “L’après-midi, les enfants prennent part à deux ateliers de leur choix, parmi la peinture, le jardinage, le bricolage… L’atelier de dessin, par exemple, se fonde sur les travaux d’Arno Stern.”
Lors des journées portes ouvertes des samedi 2 et dimanche 3 juin derniers, quelque 150 personnes se sont rendues à la ferme Goitia pour se renseigner sur l’expérience menée par Bizi Toki. Pour tout renseignement : www.bizitoki.org.







