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Pays Basque

Etxerat fait le point sur la politique pénitentiaire

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20/06/2012

Carole SUHAS

“Nous avons entendu de très belles paroles.” L’association des familles de prisonniers politiques basques Etxerat le reconnaît, cette campagne législative n’aura pas laissé de côté la question des droits civils et de la résolution du conflit. Reste maintenant aux élus socialistes locaux à ne pas oublier ces promesses. C’est en teneur le message qu’a tenu hier à faire passer Etxerat en ce lendemain de second tour. “On vient de passer une période campagne où tout le monde trouvait notre message très important, nous comprenait très bien. Ce n’est pas la première fois que nous vivons une campagne électorale, et dans le passé, elles ont souvent été suivies d’une terrible répression”, rappelle néanmoins Muriel Lucantis.

Des engagements socialistes attendus avec circonspection du côté d’Etxerat, qui n’a pas attendu l’élection des députés pour saisir également les sénateurs, Georges Labazée, Frédérique Espagnac et Jean-Jacques Lasserre du dossier. Si les deux premiers ont accepté leurs demandes de rendez-vous, pas de réponse du côté du centriste Lasserre.

Politique pénitentiaire inchangée

Et si Etxerat reste méfiante à l’envers des promesses socialistes, c’est que ces derniers mois, “la politique appliquée aux prisonniers en France ne cesse d’empirer”, et ce, qu’elle soit décidée sous Nicolas Sarkozy ou François Hollande. Pour preuve, de nombreux cas (voir encadré) dont ceux de Naia Lacroix et Olga Gomez, toutes deux incarcérées à Châlons-en-Champagne.

“On a troqué un droit contre un autre”, estime Muriel Lucantis. En effet, l’administration pénitentiaire mettant un terme à la condition d’isolement contre laquelle s’est battue Naia Lacroix, l’a transférée à Chalon-sur-Saône avec la Navarraise Olga Gomez. Cette dernière se retrouve alors éloignée de 1 059 km chez elle, au lieu de 800 à l’origine. Pour les familles, “il s’agit là d’une nouvelle provocation et d’une marque de mépris”. “Les familles ont toujours l’impression d’être des otages”, ajoute Jeanine Beyrie.

En résumé, Etxerat déplore le manque de changement, pourtant si volontiers clamé. Au contraire, “ce qui nous semblait acquis, telles les cellules individuelles, les visites et la possibilité d’être regroupé, est attaqué depuis quelques mois”, conclut Muriel Lucantis. Message est donc passé aux nouvelles élues socialistes. En attendant, Etxerat espère être reçue par la nouvelle garde des Sceaux, Christiane Taubira. 

 

Transferts au programme

Julen Mujika, résidant à Saint-jean-Pied-de-Port a été transféré d’Osny à Villefranche-sur-Saône, à 797 km de chez lui, tandis que son frère, Ander Mujika, a été transféré de Moulins-Yzeure à Bourg-en-Bresse, où il se trouve en compagnie de Xabier Aranburu, transféré de Fleury. Oroitz Gurrutxaga, qui se trouvait isolé à Fresnes, a, lui, été transféré à Moulins-Yzeure.

Ibon Fernández Iradi, qui avait été transféré en Espagne pendant quelques mois, a été ramené à la prison de Lannemezan, mais au module d’isolement. Les prisonniers basques de Lannemezan, ainsi que quelques prisonniers sociaux, ont fait un refus de rentrer en cellule et ont occupé le mitard en solidarité avec lui. Ils en sont sortis lundi dernier après avoir obtenu gain de cause.

Quant à Jon Kepa Parot, pas de mouvement, mais une 3e demande de remise en liberté. Examinée depuis lundi, la décision sera rendue le 12 juillet. La brèche choisie par ses avocats est celle de l’inconstitutionnalité. En effet, il semblerait que lui soit appliqué un décret entré en vigueur après qu’il ait fait sa demande. Décret qui pourrait dont être invalidé pour “rétroactivité inconstitutionnelle”, selon ses avocats.

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