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Jean Lassalle vs Frantxoa Maitia sur la 4e
12/06/2012
Carole SUHAS
Jean Lassalle en avait fait une fierté, il n’aura cette fois pas l’occasion de renouveler “l’exploit” de la triangulaire de 2007. Le député sortant en perte de vitesse, face à un Frantxoa Maitia qui a conquis de nombreuses voix dans la partie béarnaise de la circonscription, peut quand même se targuer de le talonner de très près, d’un point précisément, sur la partie basque. Un Jean Lassalle qui fait mentir les statistiques sur la débâcle du MoDem (3,44 % pour Jacques Veunac sur la 5e circonscription et 3,85 % pour Marie Contraires sur la 6e) en atteignant 26,28 %, soit 27,94 % sur la partie basque, pendant que son adversaire socialiste fait 28,63 % en Pays Basque et 31,99 % dans l’ensemble.
En revanche, mauvaise surprise pour Marc Oxibar, le candidat UMP, qui n’a, lui, pas réussi à se maintenir pour un second tour, malgré sa première place sur le canton de Saint-Etienne-de-Baïgorry avec 24,81 %, dont 27,27 % à Saint-Etienne-de-Baïgorry où son suppléant J.-B. Lambert est maire. Un duel au sommet que Frantxoa Maitia ne peut se permettre de laisser passer, lui qui avait déjà tenté sa chance en 1981 et qui n’avait pas réussi à surfer sur la réelle vague rose de l’époque.
Union de la gauche
Pour parvenir à la “majorité gouvernementale” tant évoquée pendant cette campagne socialiste, le PS devrait sans surprise récupérer les suffrages du Front de gauche, du NPA ou d’Europe Ecologie-Les Verts. Un Front de gauche représenté par Robert Bareille qui connaît le succès en Béarn et plus particulièrement à Oloron-Sainte-Marie où il tourne aux alentours de 14 % (seulement 3,74 % en Pays Basque) et dont les voix seront les bienvenues du côté du PS.
Ceci étant, rien n’est gagné car Marc Oxibar, troisième force sur l’ensemble de la circonscription, est lui aussi une source de voix non négligeable pour le MoDem avec ses 17 %. Pour Jean Lassalle, l’enjeu se trouve donc du côté de l’UMP, mais aussi des abertzale, de gauche (EH Bai) comme du centre (PNB). Un électorat abertzale, donc, que le député sortant est en capacité de rallier à sa cause, malgré des prises de position parfois “handicapantes”. En témoignait son opposition à la création d’Euskal Herriko Laborantxa Ganbara, ainsi qu’au département Pays Basque. Pourtant, aujourd’hui, le centriste estime avoir “évolué sur ces questions” et ne se garde pas de prendre position en faveur de certains prisonniers basques et du processus de paix. Des positions qui pourraient porter leurs fruits.
Abertzale au premier plan
Reste alors à savoir ce que fera l’électorat abertzale, celui de gauche comme du centre, qui, comme dans les autres circonscriptions, peut être l’une des clés du second tour, à l’instar de l’abstentionnisme (35,88 % sur la 4e). Ce qui est certain, c’est que les récentes prises de position du ministre de l’Intérieur socialiste Manuel Valls en matière de “lutte contre le terrorisme” ne font pas vraiment le jeu d’un Frantxoa Maitia qui doit concilier des positions antagonistes au sein de son parti.
Anita Lopepe, sur la partie basque de la circonscription atteint les 13,70 %, soit 6,80 % à l’échelle de la circonscription. Un léger mieux lorsqu’on se rappelle que Léonie Aguergaray avait fait 6,32 % en 2007, soit 3325 voix. Aujourd'hui, Anita Lopepe avec ses 3397 voix améliore le score de 72 voix et confirme ainsi la progression du vote abertzale qui se fait plus flagrante sur les 5e et 6e circonscriptions.
Les enjeux se trouvent maintenant dans la force de pression que peut constituer le mouvement abertzale de gauche, notamment si l’on considère les résultats particulièrement bons d’EH Bai qui fait 20,35 % sur le canton de Saint-Etienne-de-Baïgorri ou 23,46 % sur celui d’Iholdy. Des résultats qui motivent Jean Lassalle à “faire du Jean Lassalle” pour un 3e mandat.







