RSS
Hasiera > Paperezkoa > Sujet à la une

Sujet à la une

Le Pays Basque est bien devenu de gauche

p003_01_4892.jpg

12/06/2012

Antton ROUGET

“Au Pays Basque, il n’y a guère que les murs qui sont à gauche.” Le bon mot ne fonctionne plus. Sur la lancée de l’élection présidentielle, les électeurs du Pays Basque ont réaffirmé, dimanche, leur soutien aux candidatures de gauche. Toutes tendances confondues, les candidats se réclamant de la gauche (PS, EH Bai, FdG, EE-LV, LO, NPA) dépassent les 50 % au Pays Basque (38,02 % en 2007).

Un phénomène important, au point de faire vaciller les sièges des trois députés sortants. J. Lassalle (MoDem), dans la quatrième circonscription, J. Grenet et M. Alliot-Marie (UMP), dans les cinquième et sixième circonscriptions, devront batailler ferme pour ne pas céder leurs places, dimanche prochain, aux candidats socialistes.

Le basculement des voix au Pays Basque découle, sans aucun doute, de la dynamique en faveur de la gauche au niveau hexagonal. Mais le phénomène n’est pas spontané. Renouvellement de la population, évolutions sociologiques et changement de mentalités expliquent l’enracinement des idées progressistes.

Malgré une abstention record (40,19 % contre 38,33 % en 2007), avec 43 267 suffrages en sa faveur (sur les trois circonscriptions, hors partie béarnaise de la quatrième), le Parti socialiste enregistre l’un des meilleurs scores de son histoire à l’occasion du premier tour des élections législatives au Pays Basque. En 2007, 28 525 électeurs avaient porté leurs suffrages sur les candidats de la rose, 21,67 % de l’électorat. Cinq ans plus tard, ils sont 33,35 % à avoir soutenu C. Capdevielle, S. Alaux et F. Maitia. Un score élevé, supérieur en pourcentage au résultat de F. Hollande dans les trois provinces lors du premier tour de la présidentielle (28,04 %) qui donne légitimement espoir aux socialistes de retrouver les bancs de l’Assemblée nationale. Trente-et-un ans après la victoire de J.-P. Destrade, seul socialiste basque à avoir siégé au Palais Bourbon.

Du côté de l’UMP, les soirées électorales de 2012 se suivent et se ressemblent. Après les déconvenues de l’élection présidentielle, le parti de J.-F. Copé enregistre cette fois-ci au Pays Basque une baisse de 18 858 voix par rapport au premier tour des élections législatives de 2007 (de 57 781 suffrages à 38 923).

Une débâcle qui place l’UMP à 30 % de l’électorat au Pays Basque. Plus que N. Sarkozy au premier tour de la présidentielle (27,20 %), mais loin derrière le résultat des législatives de 2007 (42,90 %). Le parti tombe de haut. La chute pourrait être plus violente en cas de défaite, dimanche prochain, de J. Grenet ou M. Alliot-Marie.


Les abertzale, troisième force

Derrière le PS et l’UMP qui “trustent” près des deux tiers des voix, c’est la coalition abertzale de gauche EH Bai qui se place en troisième position avec 11 423 suffrages au Pays Basque (8,80 % de l’électorat). Une première. Malgré la forte abstention et la division des abertzale (candidature du PNB et départ d’EA avec Europe Ecologie-Les Verts), EH Bai fête ses cinq ans d’existence en augmentant son score de 2007 au Pays Basque (10 676 voix). Avec le PNB, le score abertzale s’élève même à 12 834 suffrages.

Si la hausse n’est pas sensationnelle, EH Bai bénéficie surtout de la dégringolade du centre, troisième force historique au Pays Basque. Le score honorable de J. Lassalle masque difficilement la perte de 6 786 électeurs depuis 2007 pour le MoDem au Pays Basque (de 17 552 à 10 766 voix). A la présidentielle, F. Bayrou avait limité la casse (13,92 %). Cette fois-ci, le MoDem recule sévèrement (8,30 %). Avec les candidatures de J.-B. Mortalena (Adour par cœur) dans la cinquième, et des centristes abertzale du PNB, le total des voix du centre est de 14 240, loin derrière 2007.

Le score du Front national est l’autre surprise de ce scrutin. Pas ou peu implanté localement, le parti d’extrême droite bénéficie de la dynamique hexagonale pour dépasser les 6 % au Pays Basque. Avec 7 897 voix, le parti frontiste réitère ses bons résultats de 1993, 1997 et 2002.

Face à des candidats sortants en difficulté, les candidats socialistes doivent rassembler ; s’ils veulent que les députés soient, eux aussi, à gauche au Pays Basque.

inprimatu