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Sujet à la une

Les abertzale d’EH Bai arbitres de l’élection

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12/06/2012

Béatrice MOLLE

“Il y a une forte poussée de la gauche. C’est une réalité. Mais je suis arrivée en tête de plusieurs points. Par rapport à 2007, cela est normal de perdre des voix. Cela me fait penser à 1997 où j’avais obtenu 37 % au 1er tour et 55 % au deuxième”, constate MAM auprès de notre rédaction. Avec 35,37 % des voix, la députée sortante devra mobiliser les abstentionnistes “et tous les électeurs qui sont des citoyens” dans un scrutin marqué par une abstention record de 41 % (37,97 % en 2007). Entre les 1ers tours de 2007 et 2012, MAM perd 7 919 voix, 13 points de moins qu’en 2007 et 2002. Cependant, elle arrive en tête dans tous les cantons, hormis celui de Hendaye, signe aussi d’une bonne résistance.

Score historique de la gauche

La socialiste Sylviane Alaux, avec 31,55 % de suffrages exprimés, “croit en sa victoire au 2e tour”, constatant qu’elle améliore le score de François Hollande de six points. Un score déjà historique, la 6e circonscription basculant pour la première fois à gauche lors de la dernière présidentielle. Sylviane Alaux gagne 5 845 voix par rapport au 1er tour de 2007 et toutes forces de sympathisants de gauche confondues si les reports s’effectuaient sans faille (MoDem inclus), la candidate socialiste pourrait recueillir 44,01 % des voix. Il lui manquerait donc une partie des voix d’EH Bai pour remporter la mise. Sans surprise, le Parti de gauche appelle “à faire barrage à la droite” à l’occasion du 2e tour et les élus abertzale de Biarritz autrement (alliés de D. Borotra) appellent à voter dans un communiqué pour Sylviane Alaux “afin qu’elle porte à l’Assemblée nationale la loi créant une collectivité territoriale à statut particulier”. Mais les élus de Biarritz ne sont pas l’ensemble du mouvement abertzale, et Sylviane Alaux devra mobiliser au-delà de ce cercle restreint d’élus si elle veut l’emporter.

EH Bai 3e force politique

EH Bai, avec 9,78 % (5 400 voix) devrait annoncer sa position demain mais possède une divergence majeure avec la candidate socialiste sur la LGV. EH Bai se situe désormais comme la 3e force politique de cette circonscription profitant certes de l’effondrement du MoDem, mais surtout de son implantation sur le terrain, de la notoriété de son candidat Peio Etcheverry-Ainchart et de ses revendications ancrées au sein de la société. Le PNB ne tire pas son épingle du jeu avec 1,79 % des suffrages exprimés faisant dire à son candidat Jean Telletchea que “ce type de scrutin national ne leur est pas favorable”. Le candidat ne donnera pas de consigne de vote.

Crise du centre

Marie Contraires du MoDem réalise 3,85 % (2 124), alors que Roland Machenaud, en 2007, certes appuyé par le PNB, engrangeait 5 367 voix (9,56 %). Un score confirmant la crise des centristes en terre basque, entretenue par une stratégie peu lisible de ses dirigeants. Marie Contraires ne donne aucune consigne de vote pour le 2e tour “ne souhaitant ni l’hégémonie du PS, ni celle de l’UMP”.

Consolidation du Front national

Frank Jalleau (FN) n’est pas loin de tripler le score de 2007 (3 495 voix 6,33 % contre 1 167 voix en 2007) ce qui confirme une installation idéologique du FN, dépassant le phénomène Marine Le Pen, mais un score en baisse par rapport à des scrutins antérieurs. Le Front de gauche avec Yvette Debarbieux double le score du Parti communiste qui obtenait en 2007 2,00 % (1 123 voix). Malgré cette augmentation (2 104 voix, 3,81 %) l’effet Mélenchon s’estompe, celui-ci totalisant lors de la dernière présidentielle 8 424 voix (11,29 %). Rien n’est joué dans cette circonscription où lors de la vague rose de 1981, le PS pour la première fois avec Jean-Pierre Destrade battait le député sortant Bernard Marie (RPR), père de MAM. La campagne s’avère rude et MAM “ira chercher les voix les unes après les autres” face à Sylviane Alaux qui espère dimanche changer la donne.

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