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Pays Basque

Le personnel de Sokoa en grève depuis un mois pour obtenir une hausse de salaire

09/06/2012

Pierre MAILHARIN

A l’entreprise Sokoa de Hendaye, “leader français du siège de bureau”, l’intéressement des salariés a toujours constitué un pilier de la politique sociale. Sa remise en cause pour 2011 et 2012 provoque actuellement un vaste mouvement de grève. “Le conflit dure depuis près d’un mois, avec des grèves tournantes par services, suivies à 95 %, retrace l’un des porte-parole Jean-Michel Dirassar. On avait dans un premier temps choisi de ne pas l’extérioriser, mais comme on se retrouve face à un mur…”.

Habituellement, dans cette société de plus de 200 employés, l’intéressement compense l’éventuelle absence de hausse de salaires. Or, en 2011, non seulement les “négociations annuelles obligatoires ont échoué”, mais l’intéressement a lui aussi été sérieusement écorné. La faute à un investissement raté de Sokoa dans l’entreprise Arfeo, fabricant de bureau, les millions d’euros perdus étant provisionnés sur les exercices 2 011 et 2 012.

“Cette histoire a un peu réveillé les gens, analyse M. Dirassar. Ils se sont rendu compte que l’intéressement est aléatoire et qu’ils ont en réalité des petits salaires. Ici les salariés gagnent entre 1300 et 1400 euros (net, ndlr) dans les ateliers. Et après 31 années passées au sein de l'entreprise, une des salariés ne touchera que 800 euros par mois de retraite”.

La grogne a conduit à la réouverture des négociations salariales. Le personnel demandait 50 euros mensuels de plus, la direction 25. Les deux parties se sont rapprochées, pour aboutir à 37,50 euros d’un côté, 35 de l’autre. 2,50 euros séparent encore les propositions de chacun. Une broutille, devenue symbolique : personne ne semble prêt à lâcher.

“Au bout du bout”

“Nous avons l’impression d’être allés au bout du bout, explique Gilles Chaudière, responsable de la communication. Le marché est en recul depuis plus de 10 ans, l’environnement est extrêmement concurrentiel”. S’il dit “comprendre le mécontentement légitime du personnel” face à la baisse de l’intéressement, Sokoa aurait fait au mieux pour le rattraper. “Au final, entre l’intéressement, l’abonnement et la participation, le montant minimum perçu pour 2 011 est 2 450 euros (environ la moitié de 2010, ndlr). Nous avons enlevé la clause dans la mutuelle disant qu’en cas d’augmentation, cela serait pris en charge à 50 % par le salarié et nous avons proposé que les heures de grève soient prises sur les RTT”.

Il souligne aussi, globalement, la tenue sociale de Sokoa : “maintien de l’emploi” et “non recours au chômage partiel” en cette période difficile, “91 % des salaires bruts au-dessus de 1 700 euros alors que le Smic est à 1 400”, ou encore “participation à hauteur de 80 euros par mois à la mutuelle”. Les salariés ont une vision bien différente, qu’ils exposeront ce samedi lors de l’AG des actionnaires.

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