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Pays Basque

Le gouvernement espagnol veut changer les règles

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29/05/2012

Antton ROUGET

L’idée n’est pas nouvelle mais elle pourrait, cette fois-ci, se concrétiser. Aussi incroyable que cela puisse paraître, le quotidien El Mundo a confirmé l’information selon laquelle Jorge Fernandez Diaz, ministre de l’Intérieur espagnol, travaille à la modification de la loi électorale pour permettre aux “exilés de la violence de l’ETA” de pouvoir voter aux élections du Pays Basque sud. Un scandale pour les uns, une aubaine pour les autres : plus de 200 000 votants supplémentaires pourraient se rendre aux urnes lors des prochaines élections.

C’est Antonio Basagoiti, responsable du Parti populaire (PP) au Pays Basque, qui a porté, à l’intérieur de son parti, l’idée de modifier la loi électorale pour augmenter le nombre d’inscrits dans la communauté autonome basque (CAB). Carlos Salvador, député de l’Union du peuple navarrais (UPN), avait lui proposé, en janvier, le même dispositif pour la Navarre.

Proposition jugée plus que farfelue au début, elle est, aujourd’hui, soutenue par le gouvernement central à Madrid. Au point que Jorge Fernandez Diaz a nommé quinze experts du Centre d’études politiques et constitutionnelles. Un groupe qui doit rendre ses premières conclusions le 7 juin prochain pour tenter de dépasser la “difficulté légale”. Un calendrier serré, justifié par la possibilité d’élections anticipées à l’automne dans la communauté autonome basque.

Le Foro de Ermua, association proche du PP, considère que “plus de 200 000 personnes ont abandonné le Pays Basque sous la menace de l’ETA ou asphyxiés par le manque de liberté et l’impunité légal et moral dont a profité le nationalisme au pouvoir”. La définition de ces “exilés” demeure floue et 200 000 votants supplémentaires représenteraient une augmentation de plus de 11 % de l’électorat.

Une telle modification de la loi serait une chance pour les partis espagnolistes, en retrait dans les sondages par rapport aux abertzale. Les “exilés” pourraient faire basculer les résultats dans leur camp.

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