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Pays Basque

Deuxième tour : le centre divisé à l’heure du choix

04/05/2012

Pierre MAILHARIN

Les élus centristes se découvrent. A deux jours du second tour de l’élection présidentielle, il était plus que temps, diront certains. Quoi qu’il en soit, hier, la plupart d’entre eux a donc fini par exprimer un choix pour dimanche. Si le MoDem – et ses soutiens non encartés – a tant tardé à livrer son point de vue, c’est qu’il se trouvait profondément écartelé sur la conduite à tenir.

Dans la matinée, on apprenait ainsi que l’ancien ministre Philippe Douste-Blazy, bien qu’issu de la “famille” du “centre-droit”, ne pouvait se résoudre à voter en faveur du “candidat de [son] camp”, Nicolas Sarkozy. Ce rejet du président sortant ne signifie pas nécessairement qu’il déposera un bulletin François Hollande dans l’urne le 6 mai. Il n’a en tout cas rien déclaré là-dessus.

Même chose, mais en sens inverse, du côté du sénateur des Pyrénées-Atlantiques Jean-Jacques Lasserre. La position du leader centriste local, président du groupe Forces 64 au Conseil général, était particulièrement attendue, compte tenu des liens historiques tissés avec la droite dans le département.

Par le biais d’un communiqué, M. Lasserre a fait savoir qu’il “ne voterai[t] pas François Hollande”. Il juge le programme socialiste “inadapté” à la situation de l’Hexagone : “Je suis convaincu que la crise est devant nous et je pense, très sincèrement, que François Hollande, au-delà de l’opération séduction des présidentielles, très fugace, propose un programme totalement inadapté : refus de la rigueur, trop d’imprécisions sur la politique étrangère, éloignement des principes de réalité.”

L’autre raison est plus locale : “J’ai déjà dit que dans mon choix, les considérations locales et régionales compteraient, tant je pense que les pratiques au quotidien méritent d’être prises en considération, beaucoup plus que les promesses électorales. Et je constate que le Parti socialiste reste désespérément enfermé dans ses vieux démons : l’incapacité à sortir du dogme, à s’ouvrir, à rassembler, l’absence de rigueur dans la gestion de la ressource publique”. S’il élimine Hollande, Jean-Jacques Lasserre n’indique pas plus précisément vers quoi ou qui il se tourne : Sarkozy, blanc, abstention ?

Par ailleurs, hier soir, François Bayrou a annoncé son choix : il votera “à titre personnel” pour François Hollande, déplorant la campagne de Nicolas Sarkozy entre les deux tours. Il s’est cependant refusé à donner “une consigne de vote générale”.

Michel Veunac, enfin, présent hier soir au conseil national du MoDem, a loué “le courage” du candidat centriste. En ce qui le concerne, l’élu biarrot nous a indiqué qu’il “voterait pour les valeurs humanistes et progressistes qui ont toujours été les [siennes]”. Mais en tant que responsable départemental du mouvement et “garant de l’unité” de celui-ci, et aussi en tant que membre d’une majorité municipale “arc-en-ciel”, il ne donnera pas de nom. Et M. Veunac de citer F. Bayrou : “Entre le programme et les valeurs, je choisis les valeurs.”

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