Pays Basque
L’enquête abertzale était visiblement attendue

14/04/2012
Pierre MAILHARIN
Ils partirent 500, mais par un prompt renfort, ils se virent… 1650 en arrivant au Port ! L’enquête interne, lancée à l’automne par les abertzale de gauche du Pays Basque Nord, a livré son premier enseignement (pour le détail, il faudra attendre la fin de semaine prochaine, voire ci-contre). “J’avais dit qu’il fallait au moins 600 questionnaires pour obtenir des données assez épaisses, indique l’universitaire François Mimiague, chargé de l’exploitation des chiffres. On est loin du compte, mais dans le bon sens : on a eu 1650 réponses, sans relance”.
Le statisticien, “qui a connu des enquêtes à 3 réponses pour 100 questionnaires”, analyse cette participation “surprise” comme “la manifestation de la justesse politique de l’opération dans le temps et l’espace”. Il convient ici de rappeler que ce sondage vise, pour les abertzale de gauche, à définir “les conditions d’une convergence”, devant aboutir au dépassement des divisions. “Il y avait manifestement une attente implicite de ce type d’opération”, décrypte encore François Mimiague.
“Deux tiers non militants”
Conséquence de cet afflux de retours, le panel des répondants déborde largement le seul cadre “militant”. “Il était demandé aux gens s’ils appartiennent à un mouvement abertzale. Environ un tiers se sont déclarés militants, deux tiers non militants”, annonce l’universitaire. Lequel fournit deux ou trois chiffres supplémentaires, avant le compte rendu global de la semaine prochaine.
Sur l’âge des participants : “Ils sont âgés de 15 à plus de 80 ans, avec deux concentrations : autour de 35 ans et de 55 ans. La moyenne est de 43 ans”. Le sexe : “Plus d’hommes ont répondu que de femmes, 56 %-44 %”. Ou encore le lieu d’habitation : “68 % sont du Labourd, 28 % de Basse-Navarre, 4 % de Soule. On note une surreprésentation de la Basse-Navarre qui ne constitue que 11 % de la population”.
L’enquête, qui comprenait plus de 250 questions réparties en 35 thèmes, était en version française et basque. “49 % ont répondu en basque, 51 % en français”, souligne François Mimiague, qui précise que le taux de réponses en euskara se trouve “le plus élevé parmi les jeunes” interrogés.
Quatre réunions de présentation des résultats
Le statisticien François Mimiague, assisté de l’anthropologue Thomas Pierre, présentera les résulats de l’enquête impulsée par le mouvement abertzale de gauche du Pays Basque Nord la semaine prochaine. Quatre réunions d’information sont prévues : le jeudi 19 avril à Hendaye (19 h 30, salle Autoport), le vendredi 20 avril à Cambo (20 heures, salle Zabalki), le samedi 21 avril à Anglet (10 heures, Maison pour tous) puis à Ostabat (14 heures, salle Haize Berri).
La démarche, initiée à l’automne 2010, a connu un an de gestation avant le lancement du sondage fin octobre 2011. Les questionnaires ont été réceptionnés deux mois plus tard, le 17 décembre. L’exploitation des données s’est faite début 2 012. Cette enquête, quantitative, doit théoriquement être suivie d’une autre enquête, qualitative, qui se traduira par une série d’entretiens personnalisés.







