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Sujet à la une

"Le Pays Basque a donné à l’histoire une chose assez rare : un banquier intelligent"

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13/04/2012

Le questionnaire du JPB aux candidats

Le Journal du Pays Basque a adressé un questionnaire à tous les candidats et candidates à l’élection présidentielle française. Ce questionnaire est volontairement réduit à des questions qui touchent le Pays Basque (la campagne présidentielle française étant largement médiatisée par ailleurs).

Ce questionnaire a été adressé par courriel aux services de presse des différents candidats qui y ont répondu de la même façon et nous publierons les réponses dans l’ordre de leur réception.

Aujourd’hui nous publions les réponses de Jacques Cheminade, candidat de Solidarité et Progrès.

Voici les questions que nous avons posées aux candidats :


1-a) Il existe en Pays Basque une demande forte de création d’une collectivité territoriale propre. Le Conseil des élus du Pays Basque devrait donner sa position à la fin de l’été, qui pourrait être la proposition d’une collectivité territoriale à statut particulier avec des compétences limitées. Etes-vous favorable à la création d’une telle structure ?

1-b) Quelle est votre proposition sur l’existence institutionnelle du pays Basque ?


2) Etes-vous favorable à l’officialisation des langues régionales ?

3-a) L’organisation armée basque ETA a annoncé le 20 octobre dernier l’arrêt définitif de ses actions armées. Trois jours avant, une conférence internationale sous l’égide de Koffi Annan, s’est tenue à Saint Sébastien/Donostia et a préconisé que s’ouvre un dialogue entre les Etats français et espagnol sur les “conséquences du conflit”, soit les questions ayant trait aux victimes, aux prisonniers et à la démilitarisation. Pour l’heure, l’Etat français ne s’est pas impliqué sur cette question. Si vous êtes élu(e) président(e), allez-vous apporter une réponse politique à cette nouvelle situation ? 3-b) Les prisons françaises comptent près de 140 détenus basques liés à des affaires ayant trait à la violence politique. Ces détenus sont aujourd’hui répartis dans tout l’Hexagone ce qui met en difficulté leurs familles qui ont l’impression d’être condamnées elles aussi. Etes-vous favorable au rapprochement des détenus basques de leur famille ?

4) Le projet de construction d’une Ligne à Grande Vitesse (LGV) traversant le Pays Basque Nord est fortement contesté localement. Etes-vous favorable à la poursuite de ce projet ?

5-a) En quelque mots, quel modèle de tourisme défendez-vous ? 5-b) Quel modèle d’agriculture ? 5-c) Les deux sont-ils compatibles ?

6-a) Certaines villes de la côte basque (Biarritz, Saint-Jean-de-luz) recensent un pourcentage de logements secondaires proche des 50 %. Dans le même temps, les jeunes, et plus globalement les personnes aux revenus les plus modestes, ne parviennent pas à se loger localement. Que préconisez-vous face à cette situation ?

6-b) Etes-vous pour ou contre une taxation des résidences secondaires ?

 

«je ferais tout pour que chaque Français puisse se payer une résidence secondaire »

Jacques Cheminade est le candidat du mouvement Solidarité et Progrès. Il fut déjà candidat aux élections présidentielles de 1995 et 2002.


1) Non. Je pense d’ailleurs que la loi du 16 décembre 2010 doit être abrogée car son objectif affiché, l’optimisation de l’organisation territoriale, ne correspond en rien à ce qu’elle est réellement : un relais de la loi des marchés financiers, transmettant à tous les échelons du pays une logique de démantèlement des services et de destruction progressive de la vie locale. Cette loi, dans son texte comme dans son esprit, vise à réduire tous les points de résistance existants ou éventuels en imposant plus ou moins autoritairement des regroupements et en transférant aux collectivités territoriales des attributions toujours plus nombreuses, tout en réduisant leurs dotations et sans leur accorder l’autonomie fiscale qui leur permettrait de se financer correctement. Sans en clarifier la mission et ses ressources, rajouter à cela des “pays”, au Pays Basque ou ailleurs, risque de ne pas apporter l’effet recherché.

C’est aux Basques de faire des propositions et au Parlement de les examiner. Je pense qu’exister commence par résoudre la terrible crise financière qui nous frappe et menace de faire éclater plusieurs pays européens. Le Pays Basque a donné à l’histoire une chose assez rare : un banquier intelligent du nom de Francisco Cabarrus. Ami du peintre révolutionnaire Francisco Goya, Cabarrus a inspiré la création d’une des premières formes du crédit productif que je défends, la Banque nationale d’Espagne sous Carlos III. Cette banque, d’inspiration “Colbertiste”, a été une référence pour le premier secrétaire au Trésor américain Alexander Hamilton pour promouvoir l’industrie, la science et les infrastructures.


2) Je pense que nos enfants devraient maîtriser au moins quatre langues, dont une régionale, à l’age de 14 ans.


3) Je pense qu’il faut saisir cette occasion historique. Inspirons-nous de l’exemple irlandais et de la grandeur d’âme de Gerry Adams et d’autres qui ont été à la hauteur de la situation. La droite tend à faire de la peur un fonds de commerce, la gauche surfe sur les frustrations. Je tente d’apporter une vision d’avenir permettant à chacun de se retrouver, pas seulement autour d’une table, mais travaillant sur un grand chantier, celui d’un monde sans la City ni Wall Street. Je suis favorable au rapprochement des détenus basques de leur famille car j’estime qu’il faut tout faire pour que les prisons ne soient pas des usines à délinquants


4) Oui, bien que d’autres projets d’infrastructures doivent voir le jour. Je suis un homme de progrès et je ne pense pas qu’il existe une issue vers le passé. Ainsi, défendre le caractère fort d’un peuple haut en couleur et d’une belle région n’implique pas s’accrocher au fantasme d’un petit îlot vert à l’abri du monde.


5-a) J’aime nager et défier les vagues, mais je vois l’avenir dans l’industrie, la recherche et l’agriculture.

5-b) Plusieurs. D’abord la productive qui permettra de nourrir au moins 9 milliards d’humains, dont les Basques, d’ici 2 050. Ensuite celle des labels, des AOC, du bio, pour lequel il faut encourager les circuits courts. Dans les deux cas, je demande qu’on marque sur l’étiquette le pourcentage du prix payé arrivant réellement dans la poche du producteur.

5-c) Je le crois, sous condition qu’on débloque le système financier pour que l’argent retourne à la production au lieu de tourner en rond dans des bulles financières qui menacent de nous ruiner.


6-a) C‘est en effet inacceptable. D’abord il faut encadrer et faire baisser les prix. C’est possible en lançant la construction d’au moins 150 000 logements sociaux par an. Ensuite, il faut mutualiser les risques permettant aux bailleurs de faire confiance aux locataires. Pour les jeunes et les handicapées, il faut des aides spécifiques. En plus, je demande de porter le SMIC à 1 700 euros et la création de plusieurs millions d’emplois qualifiés, notamment dans le domaine aérospatial. En combinant ces mesures, je pense que le problème ne sera plus surmontable.

6-b) Avec ma politique de réforme bancaire que consiste à découper les banques en deux, séparant d’un coté les banques de crédit et de dépôt, des banques d’affaires spéculatives de l’autre, je ferais tout pour que chaque Français puisse s’en payer une !

inprimatu