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Nicolas Dupont-Aignan : Le rapprochement c'est "non"

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12/04/2012

Le questionnaire du JPB aux candidats

Le Journal du Pays Basque a adressé un questionnaire à tous les candidats et candidates à l’élection présidentielle française. Ce questionnaire est volontairement réduit à des questions qui touchent le Pays Basque (la campagne présidentielle française étant largement médiatisée par ailleurs). Ce questionnaire a été adressé par courriel aux services de presse des différents candidats qui y ont répondu de la même façon et nous publierons les réponses dans l’ordre de leur réception.

Aujourd’hui nous publions les réponses de Nicolas Dupont-Aignan, candidat du mouvement Gaulliste Debout la République (DLR).


Voici les questions que nous avons posées aux candidats :


1-a) Il existe en Pays Basque une demande forte de création d’une collectivité territoriale propre. Le Conseil des élus du Pays Basque devrait donner sa position à la fin de l’été, qui pourrait être la proposition d’une collectivité territoriale à statut particulier avec des compétences limitées. Etes vous favorable à la création d’une telle structure ?


1-b) Quelle est votre proposition sur l’existence institutionnelle du pays Basque ?


2) Etes-vous favorable à l’officialisation des langues régionales ?

3-a) L’organisation armée basque ETA a annoncé le 20 octobre dernier l’arrêt définitif de ses actions armées. Trois jours avant, une conférence internationale sous l’égide de Koffi Annan, s’est tenue à Saint Sébastien/Donostia et a préconisé que s’ouvre un dialogue entre les Etats français et espagnol sur les "conséquences du conflit" soit les questions ayant trait aux victimes, aux prisonniers et à la démilitarisation. Pour l’heure, l’Etat français ne s’est pas impliqué sur cette question. Si vous êtes élu(e) président(e), allez-vous apporter une réponse politique à cette nouvelle situation ?

3-b) Les prisons françaises comptent près de 140 détenus basques liés à des affaires ayant trait à la violence politique. Ces détenus sont aujourd’hui répartis dans tout l’Hexagone ce qui met en difficulté leurs familles qui ont l’impression d’être condamnées elles-aussi. Etes-vous favorable au rapprochement des détenus basques de leur famille ?

4) Le projet de construction d’une Ligne à Grande Vitesse (LGV) traversant le Pays Basque Nord est fortement contesté localement. Etes-vous favorable à la poursuite de ce projet ?

5) En quelques mots, quel modèle de tourisme défendez-vous ? Quel modèle d’agriculture ? Les deux sont-ils compatibles ?

6-a) Certaines villes de la côte basque (Biarritz, Saint-Jean-de-luz) recensent un pourcentage de logements secondaires proche des 50 %. Dans le même temps, les jeunes, et plus globalement les personnes aux revenus les plus modestes, ne parviennent pas à se loger localement. Que préconisez-vous face à cette situation ?

6-b) Etes-vous pour ou contre une taxation des résidences secondaires ?

 

«La Charte des langues minoritaires est un outil mis en place par l’Union Européenne afin d’affaiblir les Etats-Nations»

Nicolas DUPONT-AIGNAN / candidat de Debout La République

Nicolas Dupont-Aignan est candidat du mouvement Debout la République (DLR), mouvement qui se réclame des valeurs du Gaullisme. Maire de Yerres il a quitté l’UMP en janvier 2007 pour créer DLR.


1-a) D’après le projet de Batera, la collectivité territoriale à statut particulier avec des compétences limitées serait basée sur le modèle de la Corse. Ces compétences seraient celles d’un Conseil Général plus certaines de la Région, comme la culture. Les collectivités à statut particulier en métropole sont Paris, Marseille et Lyon. La reconnaissance d’un statut particulier pour le Pays basque serait un précédent et une brèche ouverte à l’équilibre des territoires de notre République qui aurait pour conséquences majeures d’affaiblir notre Pays politiquement et financièrement.

1-b) Le Pays basque est une région bien connue des Français et au-delà de nos frontières, pour sa culture, son patrimoine et la qualité de ses produits. Pour autant, est-ce qu’une institution Pays basque serait source d’une amélioration au quotidien pour ses habitants ? La croissance démographique en cours et à venir au sud des Landes et la forte attractivité qu’exerce l’agglomération de Bayonne font que ses habitants ont un destin commun. D’ailleurs, plusieurs institutions sont sur les deux départements : le SCOT de l’agglomération de Bayonne et du sud des Landes, la CPAM, le port de Bayonne.

On pourrait aussi demander une institution couvrant le Pays basque et le sud des Landes (le Seignanx) composée de près de 400 000 âmes.

Elle disposerait de plusieurs outils économiques (port, aéroport, CCI) et son développement économique serait structuré autour de quatre pôles : les activités portuaires, l’industrie aéronautique, l’agriculture et le tourisme.

2) Je suis opposé à la ratification de la Charte européenne des langues régionales et européennes. Et cela pour une bonne raison : cette charte n’est pas une charte de défense des langues régionales et minoritaires mais elle est un outil mis en place par l’Union Européenne, en liaison avec le comité des régions, afin d’affaiblir les Etats-Nations. Je refuse cette vision de l’Europe qui serait une fédération de région et je pense que les Nations doivent rester la base de la construction européenne.

Je m’engage par contre à développer une politique propre à notre pays qui permette de donner toutes leurs places aux langues régionales à condition qu’elles ne deviennent pas la langue véhiculaire de l’enseignement ni la langue obligatoire de l’administration et de la sphère publique et qu’elles restent optionnelles et en aucun cas obligatoires. Une fois ces garde-fous posés, je pense que les langues régionales font partie de la richesse du patrimoine français qui a toujours été une mosaïque de territoire. Il convient de respecter les identités de chacun et de les laisser s’exprimer. Les langues régionales doivent pouvoir être enseignées de manière optionnelle à l’École et la République doit pouvoir faire une place à la diversité des cultures régionales.


3) Il n’y a pas de réponse politique à apporter aux demandes de terroristes. Il n’y a rien à négocier car les seules personnes qui sont opprimées sont celles qui le sont par ETA.

3-b) Non.


4) Le manque de lisibilité du transfert du fret routier vers le fret ferroviaire ne permet pas d’établir de prévisions réalistes à moyen et long terme, d’où la création d’un Observatoire des trafics.

De plus, le CGEDD* mentionne dans son rapport, qu’en regard des prévisions fournies par RFF, la saturation de la ligne actuelle n’interviendra qu’entre 2027 et 2035, à condition que le Y basque soit mis en service en 2 017 !

D’après RFF, la ligne nouvelle fera gagner 30 min entre Bayonne et Astigarraga, pour un coût estimé de un à deux Md d’euros. Cette somme astronomique est un gaspillage financier en regard du gain de temps attendu, d’autant plus qu’il serait possible d’améliorer les lignes existantes.

Dans un contexte de crise économique majeure, je considère que les fonds publics doivent avant tout répondre aux véritables besoins de nos concitoyens. Je suis favorable à la modernisation de la ligne actuelle et je propose l’affectation du budget de la nouvelle ligne à la rénovation du réseau ferré national et régional.

*Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable.


5) Le tourisme est une activité économique importante pour notre pays qui est la première destination mondiale. Je pense qu’il est important que la France garde cette position mondiale qui lui assure une activité et des emplois sur les zones touristiques. Cependant, je pense que nous devons aller vers un modèle plus responsable de tourisme et surtout mettre fin au bétonnage des bords de mer. Le respect des écosystèmes locaux doit être bien plus présent dans la politique de tourisme en France ainsi que le respect des populations qui habitent toute l’année ces zones touristiques. Il faut d’urgence développer des nouveaux modes de tourisme qui s’insèrent mieux dans le cadre local et ne soient pas un envahissement permanent.

Concernant l’agriculture, j’ai toujours été un farouche défenseur de nos agriculteurs qui doivent pouvoir vivre de leur travail. Pour cela, je propose de restaurer des prix garantis assortis à des quotas si nécessaire, les agriculteurs doivent également pouvoir mieux s’organiser avec le soutien de l’Etat pour faire face à la pression de la grande distribution. Enfin, je défends une réforme de la PAC afin de stopper son verdissement qui fait peser trop de contraintes sur nos agriculteurs, le maintien du budget afin de continuer à avoir une production européenne suffisante et la mise en place d’une préférence communautaire afin de protéger nos agriculteurs d’une concurrence déloyale et surtout de protéger les consommateurs contre des produits qui ne respectent pas les normes environnementales et sanitaires que nous nous imposons.

Les deux sont bien entendu compatibles et sont mêmes complémentaires car les agriculteurs sont les premiers à entretenir les paysages magnifiques de nos régions. Ils maintiennent également une activité dans certaines régions qui, sans eux, dépériraient. Je souhaite d’ailleurs qu’il y ait un rééquilibrage des activités entre l’agriculture, les industries de transformation et le tourisme afin de limiter la dépendance de certaines régions au seul tourisme. Nos territoires ont plein d’atouts à condition qu’il y ait une vraie stratégie économique et d’aménagement du territoire.

Je reviendrai sur la Réforme des collectivités territoriales pour remettre au cœur du dispositif la commune et le département, cellules de base de notre République, lesquels jouent un rôle déterminant dans le maillage de notre territoire et sa représentation. C’est pourquoi je suis favorable à la liberté communale dans le projet de Schéma Départemental de Coopération Intercommunale (SDCI). Par conséquent, il me semble nécessaire pour mener à bien la complémentarité entre les activités du tourisme et de l’agriculture que l’équilibre entre les bassins de vie de la côte et du Pays basque intérieur soit respecté. Une hyperagglomération Adour-Côte basque de plus de 20 communes allant jusqu’à Itxassou ne pourra répondre au maintien d’un équilibre fragile entre le développement d’une économie locale, celui d’une agriculture de qualité et une activité touristique florissante.

6-a) Je pense que cette situation a pris une ampleur très importante et devient très problématique dans certaines régions dont le Pays basque. C’est pour cela que je propose d’encadrer les loyers, comme cela se fait en Allemagne, dans les zones de tension afin de limiter la spéculation. Je pense également que les mairies doivent s’engager à mettre en place des solutions de logement pour que les jeunes et les personnes aux revenues modestes n’aient plus à fuir les villes qu’ils ont toujours habitées. Je pense qu’il faut également largement assouplir les contraintes administratives à la construction dans les zones de tension immobilière de manière à réduire le niveau des prix.

6-b) Il est envisageable d’obliger à ce que les constructions neuves soient réservées à un usage d’habitation principale et de mettre en place une augmentation des taxes foncières et d’habitation pour les résidences secondaires dans les zones de tension

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