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Deiadar : une mobilisation sans pareille en faveur de l’officialisation de l’euskara

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03/04/2012

Benjamin DUINAT

C’est une vague de manifestants qui a déferlé samedi 31 mars à l’occasion de Deiadar, une mobilisation réclamant notamment l’officialisation de l’euskara. Selon les organisateurs, Euskararen Kontseilua et Euskal Konfederazioa, 7 000 personnes ont participé à la manifestation ; en revanche, les sources policières avancent le nombre de 4 600 participants. Dans l’ensemble, l’ambiance était bon enfant et familiale, aidée en cela par une belle et douce après-midi de printemps.

Répondant à l’appel à manifester lancé par la plate-forme Deiadar, des milliers de personnes ont fait leurs les mots d’ordre, à savoir “Euskara, hizkuntza ofiziala/Le basque, langue officielle” et “Euskaraz bizi nahi dut/Je veux vivre en basque”. Les revendications portaient sur trois points jugés essentiels pour la défense et la perpétuation de l’euskara : d’abord, la reconnaissance officielle de la langue basque, puis la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires et, enfin, une loi linguistique adéquate.

Comme le souligne Peio Etcheverry-Ainchart, élu de la ville de Saint-Jean-de-Luz (Herri Berri), “cette manifestation n’est pas anecdotique car elle traduit l’urgence de la situation dans laquelle se trouve l’euskara. C’est pourquoi Deiadar a réuni sous son mot d’ordre un nombre de personnes hors du commun”.

Un large consensus

Ce sont d’abord les représentants du mouvement culturel basque qui ont pris place dans le cortège. Ils ont défilé en mettant en avant une banderole énonçant “Gure hizkuntzak, eskubide bat, lege bat/Nos langues, un droit, une loi”. Ensuite, les élus ont également manifesté en faisant valoir le slogan “Hautetsiak ere ofizialtasunaren alde/Les élus aussi en faveur de l’officialisation”. Par ailleurs, des collégiens et lycéens ont clairement exprimé leur revendication : passer le baccalauréat en euskara. Cette importante participation témoigne du consensus non seulement dans le monde politique, mais encore auprès de la population dans son ensemble.

Le départ et l’arrivée de la manifestation se sont faits à partir du mail Chaho-Pelletier. Deux jeunes bertsulari ont rivalisé de rimes et de finesses afin de clore l’événement et préparer la place aux discours de clôture de Pantxika Maitia (Euskal Konfederazioa) et Paul Bilbao (Euskararen Kontseilua) qui ont, pour leur part, remercié les manifestants d’être venus en si grand nombre et rappelé à bon droit que la défense d’une langue minorisée comme l’euskara interdisait un quelconque répit.

Quelle évaluation ?

“Nous sommes heureux de voir que notre appel a eu un très large écho populaire. Cela est une preuve incontestable qu’il existe un peuple voulant vivre en euskara. Désormais, il incombe aux politiques d’ajuster les lois aux revendications populaires, dont les manifestants sont les porteurs. Il nous appartient à nous, citoyens et associations, de rester vigilants et de faire en sorte que les promesses faites par certains politiques ne restent pas lettres mortes”, conclut Paul Bilbao, secrétaire général de Kontseilua.

 

Forte présence politique

Dans un contexte de double campagne électorale, les représentants de partis politiques, dont beaucoup de candidats aux prochaines législatives, et les élus étaient présents en nombre samedi. Parmi beaucoup d’autres : la sénatrice Frédérique Espagnac (PS), le vice-président du Conseil général Kotte Ecenarro (PS), le conseiller régional et élu municipal de Bayonne Mathieu Berger (PS), l’élue municipale bayonnaise Collette Capdevielle (PS, candidate aux législatives sur la 5e circonscription), Christine Bessonart, maire de Saint-Pée-sur-Nivelle et présidente du Biltzar des communes, le conseiller général de Saint-Pierre-d’Irube, Alain Iriart, les adjoints au maire de Bayonne Jean-René Etchegarray (MoDem) et Martine Bisauta, Jean-Michel Galant, président de la Communauté de communes Garazi-Baigorri, la conseillère régionale Alice Leciegueçahar (Europe Ecologie-Les Verts, candidate sur la 4e), Philippe Duluc (candidat suppléant sur la 5e), Mattin Etchepare et Manex Pagola (EA), Claude Larrieu (NPA), Daniel Romestand (PCF), les élus luziens Yvette Debarbieux (PCF, candidate sur la 6e) et Peio Etcheverry-Ainchart (Abertzale, candidat EH Bai sur la 6e), les candidats d’EH Bai aux prochaines législatives Laurence Hardouin et Peio Menta (5e) et Anita Lopepe (4e). Plusieurs dizaines d’élus municipaux étaient également présents venus de tout le Pays Basque Nord.

 

A Toulouse, Quimper…

Pour la première fois, des manifestations ont été organisées dans tout l’Hexagone afin de rappeler quels sont les enjeux des langues minorisées. A Toulouse, entre 20 000 et 30 000 personnes ont défilé dans les rues. La candidate Eva Joly a participé au cortège. A Quimper, ils étaient 12 000, selon les organisateurs, à manifester en faveur de la langue bretonne. Aujourd’hui, 5 % de la population bretonne est bilingue, soit 200 000 personnes. A Perpignan, un immense lip dub a réuni plus de 5 000 personnes afin de défendre la langue catalane. Un millier de personnes, selon les organisateurs, ont manifesté à Strasbourg pour la défense de l’alsacien : “Unsri Sproch ist unser Schàtz” (notre langue est notre trésor) a été largement scandé. D’autres manifestations avaient lieu à Lille, Poitiers, Ajaccio et Annecy.

 

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