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Pays Basque

“Un projet avant-gardiste dans sa conception, qui s’est avéré hasardeux dans sa réalisation”

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24/03/2012

Julien MARCHIONE

C’était il y a trois ans. Dans le cadre de l’ANRU, 39 “écoconstructions” sortaient de terre. L’opération, qui pouvait paraître séduisante sur le papier, s’est peu à peu transformée en un véritable cauchemar pour les accédants sociaux du hameau de Plantoun. Infiltrations, mauvaise isolation thermique et phonique, fuites d’eau… Le 1er mars dernier, se rassemblaient autour de la table Jean Grenet, maire de Bayonne, Daniel Lozano, président d’Habitat Sud Atlantic (HSA), ainsi que deux médiateurs nommés pour l’occasion, Jean-René Etchegaray et Gérard Rigaber. L’objectif : proposer des solutions concrètes aux propriétaires de Plantoun.

Après échange avec la ville de Bayonne, HSA, maître d’ouvrage de l’opération, décide de porter l’affaire en justice en mars 2010 : “Elle décidera qui est responsable”, indique Jean Grenet. Dans ce cadre, un expert est nommé en avril 2011. Presque un an plus tard, en février dernier, son premier rapport intermédiaire “préconise une déconstruction/reconstruction”. Une solution que semble apprécier le maire de Bayonne : “C’est une solution qui me plaît !”, dit-il, même s’il estime à trois ans la durée totale des travaux. D’ici à la décision du tribunal, la ville propose trois alternatives aux propriétaires des “favelas de Bayonne”.

“Ceux qui veulent rester”

Pour ne pas perdre de temps, la ville engage, sur le secteur de Plantoun, une étude urbaine portant sur l’évolution du secteur. “Nous allons construire du traditionnel. Ça suffit maintenant ! Je veux bien toutes les expérimentations possibles, je veux surtout que les personnes soient chez elles, et qu’elles y soient bien !”, s’exclame Jean Grenet en tapant du poing sur la table. Il souligne aussi qu’il y aura “une différence certaine entre le prix d’achat de ‘la palombière’ et celui d’une maison traditionnelle”. Il insiste cependant sur le fait que ces écarts de prix “seront évités le plus possible”. De plus, la densité de logement sera revue à la baisse. Pour les habitants du quartier, un relogement provisoire sera prévu le temps des travaux.

“Ceux qui veulent quitter le site”

Ils veulent tirer un trait sur le hameau de Plantoun, mais trouver une nouvelle solution avec HSA. Ce dernier a engagé deux nouveaux projets de construction, à savoir sur le terrain Sainsontan (chemin de Hargous) et sur le terrain Porcelaine (rue du grand Hargous). Au total, ce sont 16 pavillons qui devraient voir le jour. Les accédants de Plantoun seraient évidemment prioritaires dans l’accession. “Une indemnisation sera prévue. Il est hors de question que les Bayonnais déboursent le moindre centime”, a précisé le maire de Bayonne.

“Ceux qui veulent partir”

Ils ne veulent plus entendre parler de Plantoun ni de HSA. Le rachat de leur habitation “pur et simple” sera proposé, “dans des conditions à préciser au cas par cas”. En effet, l’évolution du marché de l’immobilier sera prise en compte. Pour autant, Jean Grenet assure qu’“il n’y aura aucune plus-value qui sera réalisée lors du rachat”.

Dans l’attente d’une décision du tribunal, HSA s’engage à prendre en charge toutes les dépenses liées au hameau de Plantoun. “C’est la première fois que nous avons ce type de difficulté. Nous allons l’assumer”, explique Daniel Lozano. “Lors du dernier conseil d’administration, nous avons voté à l’unanimité pour aider les habitants en difficulté”.

Jean Grenet, pour sa part, s’“excuse” auprès des habitants “lésés” et “peine à comprendre comment ce type de logement a pu être conçu, en dehors d’une esthétique catastrophique. Jamais je ne partirai de cette mairie en laissant ça ! J’en prends l’engagement.” Dans le futur, il sera “plus prudent à l’égard des solutions novatrices”. Il s’engage même à renommer Plantoun, “pour ne plus en entendre parler”.

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