Pays Basque
Amendement du PNV au budget de Bildu

22/03/2012
Béatrice MOLLE
Lors des dernières élections municipales, Bildu arrivait en tête avec huit sièges. Suivaient le Parti socialiste d’Euskadi (PSE) avec sept sièges, et le Parti nationaliste basque (PNV) et le Parti populaire (PP) qui obtenaient chacun six sièges. Juan Karlos Izagirre, de Bildu, était élu maire avec les voix de ses colistiers, chaque parti votant pour sa propre tête de liste. Pratiquement un an après, le vote du budget approche.
Le PP l’avait déjà annoncé : il présentera un amendement à la totalité du projet de budget de la municipalité de Donostia. Hier, le PNV a annoncé qu’il présentera également un amendement à la totalité du projet. Il faudrait alors que le PSE vote contre ces amendements pour que le budget présenté par Bildu prospère. Le porte-parole municipal du PNV, Eneko Goia, a expliqué que les conversations entre Bildu et le PNV n’avaient pas abouti car “Bildu s’est montré incapable de négocier afin d’adopter un compromis conforme à la volonté majoritaire de l’assemblée municipale”.
En clair, le point d’achoppement entre Bildu et le PNV est la gestion des déchets. Bildu a fait le pari avec plusieurs maires du Gipuzkoa de la collecte du porte-à-porte, précédée de mesures de recyclage et de compostage. Le PNV est contre et a toujours défendu la solution de l’incinération. L’autre point de désaccord est l’implantation du TGV.
Point de désaccord
Dans sa déclaration, le porte-parole du PNV, E. Goia, ajoute qu’“il avait proposé à Bildu de ne pas implanter ce polémique système de ramassage des ordures si cette option était rejetée par l’assemblée municipale, une condition qui n’a pas été acceptée par l’équipe de gouvernement. Ce qui a provoqué la fin des conversations”. Bildu, par la voix de l’adjoint aux finances, Jabi Vitoria, a rétorqué que le PNV avait exigé en échange d’un accord budgétaire un “accord politique global”, condition rejetée par Bildu, estimant de pas être disposée à être “pieds et mains liés” par cet éventuel accord. Un accord qui serait, selon Bildu, la concrétisation de ce que le PNV se plaît à définir comme la possibilité de “gouverner depuis l’opposition”. De plus, Bildu qualifie les propositions du PSE, du PNV et du PP comme autant de “lettres à Olentzero” qui absorberaient le budget annuel en six mois. Le groupe municipal (appelé en Pays Basque Sud “gouvernement municipal”) de Bildu a par ailleurs convoqué la population à une réunion publique à la mairie ce samedi, afin de présenter aux citoyens son projet de budget.
Bildu garde espoir de convaincre et compte jouer sur la possibilité de prolonger les délais légaux avant le vote effectif du budget. L’adjoint aux finances de Bildu, J. Vitoria, soulignait que lors des conversations avec le PNV, les aspects concrets du budget n’avaient pas été abordés, car le PNV mettait comme préalable l’accord politique global.
Sauf surprise de dernière minute, on s’achemine donc vers un report ultérieur du vote. Le PSE, pour sa part, n’a pas encore rendu publique sa position, mais il a exposé ses conditions pour un accord avec Bildu : l’élaboration d’un plan d’emploi pour le développement de l’économie locale, le démarrage immédiat d’une station d’autobus à Atotxa et la mise en place d’un programme de logements.







