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Culture

La Soule au cœur du cinéma avec “Xora”

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29/02/2012

Cécile VIGNAU

“Cinq années se sont passées entre le moment de la première idée et aujourd’hui”, déclare Peio Cachenaut, réalisateur du premier long-métrage en souletin, Xora. Xora (comprendre “vertige” ou “étourdissement”) est le film qui démontre une nouvelle facette artistique souletine.

Pour reprendre brièvement le synopsis, X, le héros souletin anonyme, se prend de passion pour l’écriture. Une passion qui l’amène à renouer avec son oncle, un écrivain excentrique surnommé Hollywood car il a fait carrière en Amérique, et vit reclus à la montagne. Se tisse une relation ambiguë, faite d’attitude de défi et d’admiration réciproque. La série d’aller-retour, tel un pèlerin, au cayolar de son oncle va transformer l’homme, son rapport à la vie, à l’écriture. Le spectateur va alors se rendre compte d’une silhouette qui suit le protagoniste.

La matière de “Xora”

“Le thème de la littérature est finalement un trompe-l’œil”, explique Peio Cachenaut. En effet, le rapport réel/fiction l’emporte, par la récurrence de cette silhouette noire. Une réflexion sur l’anxiété de l’influence prend de surcroît le pas. “Comment fait-on pour supporter le poids de ceux qui nous ont précédés ? Comment se fait le passage de flambeau ? Quels complexes peuvent en naître ?” Des questions qui fournissent la matière de Xora. Dans ces questions d’héritage, les relations de maître à disciple sont un peu complexes. “Dominika a un rapport fin à la langue basque, elle est sa langue maternelle. Il a écrit des pastorales. Jef Goyhenexpe (X) a appris le basque, elle n’est pas sa langue maternelle bien qu’aujourd’hui il donne des cours à la gaü eskola”. Une relation entre les deux acteurs qui transparaît dans le jeu des personnages. Une dimension est ajoutée dans le passage de flambeau.

P. Cachenaut insiste sur le caractère visuel souhaité de la production, l’histoire est un prétexte, la caméra raconte l’histoire davantage que le texte en lui-même : “L’image raconte l’histoire. Ça doit être le cas à mon avis dans un film de cinéma”.

Tournage

Mixel Etchecopar, Dominika Recalt “Ttittika” (Hollywood) et Peio Cachenaut s’accordent sur le processus du film : “Comme l’a dit un cinéaste jamaïquain dans les années 1960, il suffit d’écrire une histoire, de former une équipe et de foncer”. En effet, après trois années d’écriture du scénario, “trois années confortables, sans les contraintes financières”, l’équipe technique et artistique s’est constituée en 2010. Le tournage du film s’est déroulé sur 21 jours, en août dernier, avec des scènes de nuit durant la première semaine. Un tournage “express” qui s’est révélé être la contrainte majeure. Ont suivi enfin le montage, l’étalonnage des images, la bande-son de l’œuvre. Le tout avec un budget de 100 000 euros : “C’est une somme considérable, mais minuscule dans l’industrie du cinéma”. Et Dominika Recalt de préciser : “C’est moins de budget que pour une pastorale !”

Xora sera donc présenté le 10 mars à Mauléon, puis dans les salles du Pays Basque Sud.

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