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Culture

Insinuer le doute dans ce qui rassure

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24/02/2012

Carole SUHAS

Briser ces valeurs refuges qui nous semblent immuables et éternelles. Lorsque le doute pernicieux vient s’insinuer dans le quotidien le plus banal et dans l’environnement familier. Son chez-soi, son foyer, son cocon, quel que soit le nom qu’on lui donne, l’habitat revêt souvent cette notion de valeur refuge, cet endroit que l’on sait à nous et qui est un point d’ancrage. Avec Cabane Cannibale, exposition collective d’art contemporain, le collectif Hybrid basé à Bidart depuis peu, revisite le confort apparent de l’abri. Bien qu’œuvrant depuis quatre ans dans le domaine, ce n’est qu’en juillet 2011 que Julie Lesgourgues et Audrey Teichmann font d’Hybrid un lieu dédié à la recherche culturelle, à la production artistique et à l’exposition d’artistes émergents à Bidart.

Cabane Cannibale, c’est une ensemble de 17 artistes répondant aux noms de Benjamin Artola, Iouri Camicas, Nicolas Delprat, Manuia Faucon, Noémie Flageul, Ibai Hernandorena, Franck Hoursiangou, Guillaume Josué, Rachel Labastie, Béranger Laymond, Julie Lesgourgues, Andoni Maillard, Brigitte Munsch, Anne de Nanteuil, Antonio Rico, Tristant Robin, Audrey Teichmann et Mickaël Vivier.

L’exposition a été conçue comme un parcours intriguant, dérangé d’entrée par un grand piège à loup en travers du chemin. Un parcours visuel et plastique, qui exploite différentes formes d’art, du son à la sculpture, en passant par l’installation plastique et la peinture. L’impression de volume reste dans un espace conçu comme lieu d’exposition, mais aussi de travail. “Nous avons voulu montrer de l’art pointu, mais sans être du tout dans la prétention. L’idée est de susciter une émotion, comme peut le faire le piège à loup à l’entrée”, explique Audrey Teichmann.

Selon le rythme confort-inconfort, l’exposition Cabane Cannibale est celle d’une génération marquée par l’image, qu’elle soit cinématographique, picturale ou médiatique. En témoignent les références directes à des films mythiques ou des images vues et revues dans les médias, transformées et remâchées pour raconter une histoire différente.

Si chaque œuvre mériterait que l’on s’y attarde tout particulièrement, c’est le travail sur la notion d’espace, de façon générale qui ressort de façon la plus évidente. L’appropriation par l’art d’un lieu de travail et de vie matérialisé par un bureau transformé en œuvre d’art et en support d’exposition. Une fusion des trois domaines qui nous fait ensuite réaliser à quel point Hybrid est un nom qui va bien à ce collectif d’artistes.

 

L’identité basque dessinée

Benjamin Artola, actuellement étudiant à l’école des Rocailles de Biarritz, fait partie de ces artistes émergents qu’Hybrid essaye de suivre dès leurs premiers pas afin de leur offrir des espaces d’expression aux côtés de plasticiens plus aguerris. A Bidart, ses dix cartes postales suggestives sont des illustrations fantasmées de lieux choisis du Pays Basque. A l’origine, Benjamin Artola devait faire un périple à vélo à travers le Pays Basque en 39 étapes. Si finalement ce voyage n’a pas été accompli de façon physique, c’est un voyage de l’esprit et de l’art qu’a entrepris le jeune artiste, mettant en scène des légendes basques aussi bien qu’une histoire familiale, les différents clins d’œil à tout ce qui constitue une histoire personnelle et celle de son pays. Tel que l’exemple de ces 27 personnages répartis entre les dix tableaux, qui représentent les 27 réfugiés du franquisme qu’aurait recueillis sa grand-mère.

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