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Pays Basque

Bras de fer symbolique entre partisans et opposants de la ligne à grande vitesse

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10/02/2012

J. Marchione et P. Mailharin

Hier, l’eurorégion et les chambres consulaires locales ont organisé à la CCI de Bayonne une conférence-débat intitulée “LGV : ensemble, transformons l’essai”. Au même moment, plusieurs centaines de manifestants se sont mobilisés devant les portes de l’établissement pour exprimer leur désaccord avec le projet LGV.

Vaches, tracteurs et autres pottok se mêlaient aux quelque 300 manifestants postés à quelques mètres de l’entrée, scrupuleusement gardée par une rangée de policiers casqués. Pour tourner le projet en dérision, une quinzaine de membres de Bizi ! se sont déguisés en faux manifestants pro-LGV à l’allure d’hommes d’affaires, scandant des slogans : “LGV ensemble, transportons l’élite”, “Soutenons la CCI, bétonnons notre pays” et “Cinq milliards pour gagner quatre minutes, c’est la logique dans laquelle nous voulons nous inscrire”.

“Continuer le combat”

Le Cade (Collectif d’associations pour la défense de l’environnement), et son président, Victor Pachon, n’ont pas manqué de comparer “l’expropriation à la spoliation”. Patrick Larrondo, maraîcher de Biriatou et membre de l’association BLE (Biharko Lurraren Elkartea), a insisté sur le fait qu’“il ne faut plus perdre un hectare de terre fertile au Pays basque”. En renfort, les Lot-et-Garonnais de l’association Coordination 47 avaient fait le déplacement : “Vous n’êtes pas seuls”. Quelques Landais aussi étaient venus “prêter main-forte contre la dictature de RFF” pour “continuer le combat”.

Le député-maire de Bayonne, Jean Grenet, et l’élu socialiste François Maitia ont franchi les portes de la CCI sous les sifflets et huées des manifestants : “AHT : ez, ez, ez !”, avant de se rendre à la conférence-débat : “LGV Ensemble : transformons l’essai”.

Des entrepreneurs locaux

A l’intérieur, une dizaine de chefs d’entreprises et de dirigeants locaux se sont relayés au micro pour offrir leur vision, forcément positive, de l’arrivée de la LGV à Biriatou (nous reviendrons sur leurs argumentaires dans l’édition de samedi). Il y avait là, entre autres, le directeur de Dassault, Jean-Robert Luc, celui de Maïsadour, Thierry Blandinières, le vice-président du club d’entreprises de la technopole Izarbel, Pierre-Henri Laplace, le coprésident de l’Umih, Pierre Barat, le directeur de l’école Isa-BTP, André Joie.

Leurs interventions achevées, les politiques ont ensuite pris la parole. Le député européen Alain Lamassoure, dans une vidéo enregistrée à Bruxelles, a rappelé la génèse du projet il y a 18 ans. Regrettant les “dix années de retard” prises, il a exhorté les décideurs à passer désormais “à l’action”.

Geneviève Darrieussecq, maire de Mont-de-Marsan, a insisté sur le “désenclavement du nord-est des Landes” grâce à la LGV. “Nous ne voulons pas qu’elle s’arrête à Bordeaux”, a-t-elle imploré, faisant sans doute référence aux récents propos ambigus de la ministre de l’Ecologie et des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Fillon a écrit à Grenet

Après avoir évoqué “l’enjeu” de la LGV pour Bayonne et sa gare, Jean Grenet a livré l’information de l’après-midi, de nature à rassurer Mme Darrieussecq. “A la suite des déclarations de Mme Kosciusko-Morizet, j’avais pris mon téléphone et appelé François Fillon, qui n’était d’ailleurs pas au courant. Il m’a écrit un courrier mi-janvier”. Le contenu de la missive, lu par le député-maire de Bayonne, conforte de manière assez explicite les tenants de la LGV quant à l’engagement financier de l’Etat.

Didier Borotra, maire de Biarritz, puis Guillermo Etchenique (gouvernement d’Euskadi), ont prolongé l’exposé de Jean Grenet, avant que le président d’Aquitaine, Alain Rousset, ne prononce le discours final. Un discours conclu par cette mise en garde à l’adresse du ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, en visite dernièrement au Pays Basque et qui avait à cette occasion déclaré son hostilité au projet : “Il est inadmissible qu’un ministre de la République remette en cause un choix de l’Etat”.

La conférence s’est achevée sur la signature par les participants de maillots de rugby “Ensemble transformons l’essai”, destinés au président de la République, au Premier ministre et à la ministre de l’Ecologie et des Transports.

 

Réunion d’opposants ce soir à Ustaritz

Ustaritz- L’association Ustaritz défendre l’environnement (UDE) organise une réunion d’information sur la LGV, ce soir à 20 heures à l’école d’Arrauntz. Cette réunion est organisée pour faire “face aux nombreux appels inquiets des riverains du fuseau à Ustaritz”, selon l’association. Entre autres points à l’ordre du jour seront abordés “le tracé, l’observatoire des trafics et le financement en crise”.

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