Sports - Rugby
Les acteurs réservés sur un élargissement
09/02/2012
L’hypothèse d’un passage à 16 équipes du Top 14 à brève ou moyenne échéance fait l’unanimité contre elle parmi les différents acteurs du rugby français et européen, contre l’avis d’une partie des présidents de club.
Actuellement avec le XV de France, le 2e ligne du Stade Français, Pascal Papé, a plaidé pour une formule de championnat “réaliste, et non pas surréaliste”. “Les premiers visés, ce sont les joueurs. C’est nous qui sommes sur le terrain. Il y a un contexte économique que je ne maîtrise pas. La seule chose qui me préoccupe, c’est de tout faire pour conserver la santé des joueurs”, a-t-il déclaré.
En tribune non plus, l’idée d’un Top 16 n’a pas bonne réputation. “On ne peut pas concevoir de rajouter de but en blanc quatre dates à un calendrier qui en a déjà trop. Pour des questions de lisibilité des différentes compétitions et du respect de l’intégrité physique des joueurs. Quatre matchs en plus, ce sont des doublons supplémentaires et aussi des matchs en semaine”, estime Mathieu Blin, président du syndicat des joueurs professionnels, Provale.
Président de la commission médicale de la Ligue nationale de rugby (LNR), Jean-Claude Peyrin n’a “pas d’avis sur le nombre de matchs que peut jouer un club dans une saison, mais sur le nombre de matchs que peut jouer un joueur”. Une étude menée en 2004, en passe d’être actualisée, prônait un nombre maximum de 35 feuilles de match par joueur et par saison, et surtout une intersaison de dix semaines, voire huit en cas “d’année compliquée”.
Championnnat très important
“Globalement, sur 35 contrats pro, on a en moyenne sept à huit joueurs indisponibles par week-end, hors absence des internationaux. Aujourd’hui, il est irréaliste, si on n’augmente pas le nombre de contrats, de vouloir passer à une poule unique à 16”, estime M. Peyrin.
La tonalité est la même chez les représentants des entraîneurs. “Le rugby est un sport particulier, de combat, d’agressivité. Il faut un travail de récupération, de régénération et de préparation. Un Top 16 signifierait aussi l’ouverture à un plus grand nombre de contrats dans les clubs, ce qui va relancer la course à l’armement au profit des clubs les plus fortunés et au détriment des autres”, argumente Jean-Louis Luneau, président du syndicat Tech XV.
Président de l’ERC, organisateur des Coupes d’Europe (six à neuf matchs par saison), Jean-Pierre Lux souligne que “le championnat, en France, est très important, plus important que dans n’importe quel autre pays.” “Les gens évoquent une réforme des Coupes d’Europe. Il y a des avis différents, je l’accepte, mais ce sujet n’a jamais été inscrit à l’ordre du jour du comité directeur de la LNR. Cela pourrait arranger les clubs français, mais je ne suis pas sûr que les provinces celtes soient d’accord”, a-t-il estimé.
Diffuseur du Top 14, Canal Plus ne veut pas “être suspecté d’essayer d’infléchir vers telle ou telle formule”. Pour Eric Bayle, responsable du rugby de la chaîne cryptée, “la formule actuelle est satisfaisante. Il est surtout important que ce feuilleton ne soit pas raccourci. Un Top 16 aurait ses avantages, des épisodes supplémentaires, mais aussi des inconvénients, comme des matchs sûrement programmés en semaine ou en doublon, très préjudiciables à leur médiatisation”.







