RSS
Index > Edition papier > Sports

Sports - Rugby

Un spécial “Flower of Scotland”

04/02/2012

L’hymne Flower of Scotland résonnera avec une force particulière pour une partie du public de Murrayfield, aujourd’hui avant le match d’ouverture du Tournoi des six nations entre l’Ecosse et l’Angleterre, quelques semaines après l’annonce d’un prochain référendum sur l’indépendance.

Si l’on en croit les sondages, et si les supporteurs de rugby sont représentatifs de l’ensemble des quelque 5,2 millions d’Ecossais, ils ne seront qu’une minorité, entre 26 et 40 % selon les dernières enquêtes, parmi les 67 000 spectateurs à souhaiter que l’Ecosse recouvre sa souveraineté en 2014, trois siècles après son rattachement à la couronne d’Angleterre. Mais tous ou presque entonneront à pleins poumons ce chant, écrit à la fin des années 1960 par un groupe folk, les Corries, dont les paroles sont sans ambiguïté aucune dirigées contre le puissant voisin du sud.

Les héros en sont en effet “ceux qui se sont dressés contre l’armée du fier Edouard et l’ont renvoyé chez lui pour qu’il y réfléchisse à deux fois”, en souvenir de la bataille de Bannockburn, où les Anglais avaient été écrasés par les Ecossais, en 1314.

L’hymne fait figure de porte-bonheur car dès l’année de son adoption par l’équipe de rugby, en 1990, l’Ecosse avait réussi le dernier en date de ses trois Grands Chelems, en faisant subir au “Auld Enemy” le même sort qu’au roi Edouard II de la chanson, lors du dernier match à Murrayfield. Il n’a pourtant pas toujours fait l’unanimité. Finlay Calder, le flanker de l’équipe victorieuse, avait même souhaité quelques années plus tard que l’Ecosse l’abandonne, jugeant “embarrassante” sa tonalité belliqueuse.

Alors que de vifs débats opposent le gouvernement britannique de David Cameron à celui d’Edimbourg, dirigé par l’indépendantiste Alex Salmond, la traditionnelle guéguerre des mots a repris entre les deux camps rugbystiques, mais sans jamais prendre de coloration politique. Le Scottish National Party (SNP), promoteur du référendum, reconnaît d’ailleurs qu’aucun joueur international n’a jusqu’à présent pris publiquement position sur la question de l’indépendance.

inprimatu