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Pays Basque

SNCF : les usagers manifestent à Bayonne

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02/02/2012

Julien MARCHIONE

Hier matin, une cinquantaine de personnes du Collectif en train Pays Basque (CETPB), composé d’usagers et de cheminots de la SNCF, se sont mobilisées devant la gare de Bayonne avant qu’une délégation soit reçue par la direction de la SNCF en début d’après-midi. L’objectif : pointer du doigt les dysfonctionnements liés aux changements d’horaires du 11 décembre dernier et de “développer un véritable service public de transport ferroviaire de qualité, adapté aux véritables besoins de la population”.

“Les usagers en ont ras-le-bol”, explique Peio Dufau, délégué CGT, “il faut mettre en place des trains au service du public et à l’écoute des usagers”. Pour ce faire, le CETPB a dressé “une liste de 22 problématiques, présentée à la direction de la SNCF”.

Parmi les revendications se retrouve l’équilibre de l’offre des trains au niveau des horaires. Le délégué syndical explique : “Prenons un exemple : en 40 minutes, quatre trains partent de Hendaye. Passé ce créneau, il faut attendre trois heures avant le prochain train”.

“Ça complique la vie”

Autre problématique soulevée par le collectif : le manque d’adéquation entre les horaires de trains et celles d’embauche. Cécile, enseignante cibourienne travaillant à Hagetmau, tient à faire part de son quotidien : “Depuis le changement d’horaires, je dois me lever 1h30 plus tôt qu’avant. Pour embaucher à 9 heures, je prends le train au départ de Saint-Jean-de-Luz à 5h25. Arrivée à Dax, j’ai le choix d’arriver soit une heure en avance, soit quelques minutes en retard ; de toute évidence, trop tard pour accueillir les enfants”. Bruno Ibarrart est dans le même cas. Chaque jour, le Luzien se lève à 4 heures du matin pour embaucher à Dax où il arrive en gare à 8h15. “Lorsque des trains sont annulés, des bus prennent le relais. Ça complique vraiment la vie”.

Autre problème de taille : le stationnement aux alentours des gares. Dans des villes comme Bayonne, Biarritz ou Hendaye, les parkings à proximité sont payants. “On ne peut pas laisser notre véhicule gratuitement pour prendre le train. Il m’est impossible, en plus de mon abonnement de train, de payer le parking tous les jours”, ajoute Bruno Ibarrart. Le collectif souhaite être reçu par le Conseil général, le Conseil régional et par les mairies de Hendaye à Bayonne, pour résoudre, entre autres, ce problème de stationnement payant.

Aligner les horaires

Pour Peio Dufau, “les institutions poussent à utiliser les transports en commun, dans une logique écologique et économique. Pour fonctionner, il faut que les horaires des bus soient calqués sur celles du train, notamment à Biarritz, Bayonne et Hendaye”.

Il s’en est pourtant fallu de peu hier pour que la délégation ne soit pas reçue par la direction de la SNCF. “Initialement, nous devions être reçus à 10h30, mais la direction s’est décommandée la veille. Nous avons dû faire des pieds et des mains pour les rencontrer aujourd’hui”. Mais le résultat n’a pas été au rendez-vous : “Un résultat quasi nul ! La direction n’a cessé de renvoyer la pierre aux autres institutions. Sur aucune des problématiques que nous avons soulevées, la direction de la SNCF ne s’est engagée”.

 

Le Collectif en train Pays Basque

Le Collectif en train Pays Basque, créé à la suite des modifications de 85 % des horaires de trains de la SNCF du 11 décembre dernier, a pour but de rassembler associations, partis politiques et syndicats qui se sentent concernés par l’enjeu de société qu’est le service public ferroviaire, mais aussi usagers et cheminots.

Sont signataires du collectif : les associations Bizi !, ACE Environnement, Attac Pays Basque et Pixso ; les partis politiques NPA, Europe Ecologie-Les Verts du bassin de l’Adour, le Parti communiste français Hendaye - Saint-Jean-de-Luz ; les syndicats LAB, SUD Rail et la CGT Cheminots.

Le Collectif en train Pays Basque demande une véritable concertation avec les usagers lors de la conception des horaires pour que l’offre soit adaptée à la demande et non le contraire, le maintien d’un service public ferroviaire de qualité sur l’ensemble du réseau ainsi que l’utilisation des moyens techniques existants permettant d’effectuer les travaux tout en maintenant la circulation des trains sur une voie.

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