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L'opinion - Tribune Libre

Le président d’Ikas-Bi répond à Max Brisson

01/02/2012

Thierry DELOBEL / Président d’Ikas-Bi

Max Brisson renvoie Ikas-Bi dans les cordes… et contre-attaque sous la ceinture avec cet argument : “Une association de parents d’élèves doit être présidée par des parents d’élèves”, faisant preuve d’ingérence dans la vie de l’association et de méconnaissance de ses statuts. Un peu comme si on avait dit en son temps : “L’Office public de la langue basque [OPLB] doit être présidé par un bascophone”, mettant ainsi en doute des compétences “ès qualités” !

Il est vrai qu’au vu du bilan de la rentrée bilingue 2011 (cf. conférence de presse des 12 septembre 2011 et 24 janvier 2012) et des perspectives pour celle de 2012, Ikas-Bi a décidé de s’affranchir de la contraignante tutelle imposée depuis 2005 par l’OPLB aux associations de parents d’élèves bilingues de l’école publique et de reprendre ses actions de terrain.


Apprendre à compter

On le sait, les mathématiques se font en basque dans le bilingue. Recomptons les chiffres de l’OPLB.

Ouvertures de maternelles : avec 19 ouvertures de maternelles en sept ans, les résultats de l’OPLB, structure semi-publique, politique et professionnelle sont décevants.

Démonstration. Sur 67 écoles maternelles en bilingue (moitié des maternelles publiques du Pays Basque), 48 ont été ouvertes en dehors de l’OPLB, grâce à la mobilisation des parents bénévoles d’Ikas-Bi soutenus par les enseignants durant 14 ans.

Or, l’OPLB s’attribue 30 ouvertures de sections bilingues dans le primaire depuis 2005. Le détail des comptes est tout autre : l’OPLB peut revendiquer seulement 19 ouvertures de maternelles dans la période 2005-2011 (sept rentrées), quatre dossiers de maternelles ayant déjà été instruits par Ikas-Bi dans la même période et six dossiers relevaient de la continuité naturelle après la maternelle.


Bilinguisme par immersion

Décevant aussi le développement du bilinguisme par immersion dans le public qui ne touche que deux des 67 maternelles bilingues depuis la mise du dispositif en 2005. A ce rythme, il faudra attendre 117 ans avant de voir la moitié d’entre elles en immersion !


Collège bilingue

Décevants, enfin, les chiffres d’entrée des élèves en 6e : 65 % de continuité seulement pour défaut de motivation de l’OPLB ; aucun site en parité horaire alors que les textes réglementaires l’imposent depuis dix ans !


L’OPLB juge et partie

Le dispositif est bloqué car l’OPLB, paravent de l’inspection d’académie, est à la fois juge et partie dans le dossier de l’enseignement.

Devenu seul détenteur des subventions publiques pour la langue basque, l’OPLB juge et partie, porte atteinte à la liberté associative des associations de parents d’élèves bilingues dans le public.

L’OPLB répond aux revendications par un chantage à la subvention. En sept ans, les subventions publiques d’Ikas-Bi ont baissé de 80 % ! Occasionnant la fermeture du seul centre de classes vertes en immersion d’Ascarat, la disparition de la seule revue enfantine en basque, l’appauvrissement de l’édition de manuels scolaires.

Après d’infructueuses négociations, Ikas-Bi n’a toujours pas reçu, à ce jour, la subvention de l’OPLB au titre de l’année 2011.

Alors Ikas-Bi reprend le chemin de l’école… en mettant en place un dispositif inédit de reconquête du terrain perdu pendant ces années où l’OPLB s’est coupé des réseaux de parents et d’enseignants et se retrouve maintenant lui-même “renvoyé dans les cordes” par une Education nationale qui supprime des postes.

Que nous soyons parents (ou grands-parents…) d’élèves bilingues, enseignants ou simplement militants, notre ambition, notre devoir est toujours et inlassablement de faire en sorte que les efforts de tous les partenaires convergent autour d’une politique linguistique qui intègre, pas simplement dans les déclarations, mais dans les actes, l’école publique au cœur de ses champs d’action.

A l’heure où les services publics, et celui de l’enseignement en particulier, sont plus que jamais menacés, les “auto-satisfecits” et autres remises de médailles viendront plus tard.

 

P.S. : “Une coquille vidée… par qui ?”

 Ikas-Bi, en 25 ans d’existence, a su innover et créer pour que vive l’euskara à l’école… et en dehors :


- Edition et publication de plusieurs collections de manuels scolaires en basque (cinq collections représentant plus de 55 000 volumes) pour le primaire et le collège qui continuent d’être utilisés par les trois filières d’enseignement.


- Animation et gestion du centre d’Ascarat (CLH) qui a accueilli plusieurs milliers d’élèves en classes transplantées ou séjours de vacances euskaraz entre 1991 et 2007.


- Traduction et diffusion d’un magazine, Nanai, pour les                  5-8 ans, une adaptation de Toboggan des éditions Milan – 17 numéros seront publiés entre septembre 2001 et août 2005.


Ces deux dernières actions ont respectivement été stoppées en 2007 et 2005 faute de soutien financier de la part de l’OPLB.

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