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Sports - Rugby

«On a le sentiment de progresser»

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21/01/2012 | Ariane KAMIO

Entretien avec Patrice LAGISQUET / manager du Biarritz Olympique

Le Biarritz Olympique possède une infime chance de qualification pour un quart de finale de Hcup. Les Biarrots doivent tout de même gagner face aux Ospreys pour disputer au moins un quart de finale de Challenge Européen, mais aussi pour préparer au mieux les prochaines échéances du Top 14. Rencontre avec Patrice Lagisquet avant ce dernier match de poule de Coupe d’Europe.

Le plus court chemin vers une nouvelle qualification en Hcup n’est-il pas un bon parcour en Challenge Européen (Amlin Cup) ?

Peut-être. Mais pour l’instant on va attendre de voir les résultats des autres équipes pour savoir exactement quel est l’enjeu de notre match dimanche et on verra bien après si on a un coup à jouer en Amlin Cup. C’est vrai que c’est peut être un peu plus facile que de devoir gagner dix matchs sur onze pour aller se chercher une place dans les six premiers en Top 14. J’exagère un peu, mais pour monter dans les six premiers il faut quand même une grosse série de résultats favorables.

Croyez vous encore en vos chances de qualification pour un quart de finale de Hcup?

C’est possible mais il faut une conjonction de résultats favorables. Je ne suis pas rentré dans le détail, car en jouant quasiment dans les derniers, on saura exactement les tenants et les aboutissants en fonction des résultats des autres, si je ne me suis pas trompé il faudrait pour ça que Toulouse perde à Gloucester et que Clermont perde contre l’Ulster et à ce moment-là on pourrait envisager d’être dans les deux meilleurs second. Espérer deux défaites de deux clubs français, ça ne me réjouit pas plus que ça.

Vous avez retrouvé le sourire, la dynamique est là maintenant pour le Biarritz Olympique?

Le sourire, j’avais commencé à le retrouver après le match de Toulon, parce que les comportements étaient satisfaisants au niveau de l’engagement. À Agen, ça a continué parce qu’on a enfin trouvé de la constance et on a montré une bonne solidité à défaut d’une concrétisation plus nette de notre domination. Contre les Saracens, en revoyant le match la frustration est grande, car on se dit qu’on n’était vraiment pas loin. On s’est rendu compte qu’on avait créé beaucoup plus de situations favorables que les Saracens. C’est intéressant, car on a le sentiment de progresser et quand on se rend compte qu’entre le match allé et le match retour on a perdu quatre joueurs devant qui nous permettent de jouer debout Benoît August, Erik Lund, Imanol Harinordoquy et Raphael Lakafia, on se dit que la performance n’a pas été si mauvaise que ça.  Justement Imanol Harinordoquy revient. Yachvili, Bosch, Carizza, Ngwenya en forme, les mondialistes du BO semblent enfin avoir digéré la Coupe du Monde?

La blessure d’Imanol c’est la coupure qu’ils ont tous eue, car ils avaient besoin de récupérer. Marcelo Bosch en a eu besoin, Manu Carizza aussi. Il n’y a que Damien Traille qui a finalement réussi à enchaîner. On a réussi à le réserver. Comme on savait qu’il a de vieilles jambes, on l’a un peu économisé pendant les semaines.

Dans les moments difficiles récents le BO a conservé son staff au contraire de vos voisin bayonnais qui vivent une situation très particulière. Qu’en pensez-vous?

On n’est pas encore définitivement sorti de l’auberge, donc je vais bien me garder pour l’instant de porter des jugements et de faire comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. On a encore pas mal de matchs à jouer. Peut être encore quelques périodes difficiles à vivre. Alors, on va se concentrer sur ce qu’on a à faire. Si nos voisins vivent quelques péripéties compliquées, moi franchement je ne vais pas m’en satisfaire. Ça ne me réjouit pas. J’ai porté pendant dix ans les couleurs de ce club et j’y ai pris énormément de plaisir, j’y ai conservé beaucoup d’amis.

Ce serait tout de même bien de conserver deux clubs Basques dans le Top 14.

Oui, même si on sait que ça a un côté surréaliste pour une agglomération de 130.000 habitants. On sait qu’économiquement ça sera de moins en moins viable même s’il y a quelques gros partenaires qui arrivent à supporter ces clubs et qui y sont attachés. Biarritz c’est 30.000 habitants. On est, je crois, la plus petite ville du Top 14.

On parle souvent de fusion. Pensez-vous vraiment qu’elle sera un jour que l’idée sera prise au sérieux?

Je n’en sais rien. Il y a tellement de choses qui ont été évoquées ces dix dernières années. Je pense qu’elle nous ferait un bien fou, car un club aux couleurs du Pays Basque serait inévitablement supporté par beaucoup de monde et je pense qu’il pourrait avoir de belles ambitions à l’image de clubs comme Toulouse ou Clermont. Je pense vraiment qu’il y aurait de quoi bâtir une très belle équipe. Pour l’instant, je ne pense pas que les élus ou les présidents soient convaincus de cela. C’est un point de vue qui est totalement personnel. La seule crainte que j’ai est qu’un jour les deux clubs aillent mal et que ça se fasse dans des conditions qui ne sont pas favorables. C’est à un autre niveau, mais la fusion Baigorri-Saint Jean Pied de Port n’a pas été positive, car ça a été fait quand les deux clubs n’étaient pas bien. Deux malades, ça fait rarement un bien portant.

Pour que ça marche, il faut qu’il y ait un vrai projet sportif et économique. Il ne faut pas se tromper sur les deux dimensions. Quelquefois il y a juste une logique économique et le projet sportif n’est pas vraiment élaboré et c’est pourtant indispensable.


Marc DUFRECHE

 

Gagner avant de s’enflammer

“On ne va pas se poser de question, jouer à fond et se régaler”, annonce Dimitri Yachvili avant la rencontre contre les Ospreys à Aguilera. “Eux aussi ils vont venir chercher une qualification. Ca peut s’ouvrir et partir dans un match de très haut niveau car cette équipe ne ferm e pas le jeu et est capable d’attaquer de toutes les parties du terrain”. Le demi de mêlée précise quand même vouloir d’abord “assurer la victoire” pour assurer un quart de finale avant de penser s’emballer. Il est vrai qu’une rencontre contre les Gallois est toujours une promesse de jeu total et de spectacle. A l’image de la confrontation à Anoeta entre ces deux même équipe en quart de finale en 2010 et de l’essai d’Ngwenya déboulant le long de la ligne de touche sur 90 mètres et scotchant Shane Williams meilleur joueur du monde en 2008. “J’adore jouer contre des mecs comme Williams. Pour moi c’est un challenge. Pas forcément pour marquer, mais c’est juste pour  voir que je peux rivaliser. Je lui ai déjà marqué un essai, la je veux juste qu’il ne fasse rien sur mon côté”, annonce l’ailier américain de Biarritz.

Bien préparer le Top 14

“Il faut absolument gagner ce match contre les Ospreys, poursuit-il. On joue pour prendre confiance en jouant bien, trouver notre jeu, car derrière en championnat il y a Castres et Toulouse. La dynamique commence à être bonne et c’est pour ça qu’on doit continuer sur notre lancée face aux Ospreys. Je pense qu’une fois qu’on va vraiment arriver à jouer tous ensemble, ça va bien marcher pour nous.”

 

Le match

Dimanche 22 janvier à 14h00 au stade Aguilera de Biarritz
       
Biarritz Olympique
Balshaw - Ngwenya, Gimenez, Traille, Baby - (o) Peyrelongue, (m) Yachvili - Harinordoquy (cap), Guyot, Lauret - Carizza, Thion - Marconnet, Heguy, Barcella. Remplaçants : Terrain, Guinazu, Gomez Kodela, Taele, Faure, Bosch, Bolakoro, Haylett Petty.

Ospreys Neath Swansea
B. Davies - Bowe, Bishop, Beck, Walker - (o) Biggar, (m) Webb - J. Thomas, Tipuric (cap), Smith - I. Evans, Gough - A. Jones, Bennett, James. Remplaçants : Hibbard, Bevington, Jarvis, R. Jones, Bearman, Fotualii, Morgan, S. Williams.

Arbitre
Wayne Barnes (Angleterre)

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