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Pays Basque

Prise en compte du bulletin blanc : les politiques votent plutôt pour

20/01/2012

Pierre MAILHARIN

De blanc vêtus, la démarche chaloupée, un groupe d’Indignés basques a dénoncé ce week-end, dans les rues de Bayonne, la non-reconnaissance actuelle du vote blanc. Ce faisant, les “fantômes” du système électoral français ont soulevé une question dérangeante. Qu’en pensent les responsables politiques locaux ? Le JPB les a interrogés.

Il y a d’abord ceux, minoritaires (mais majoritaires à l’Assemblée !) qui votent contre. Max Brisson, secrétaire départemental de l’UMP, estime ainsi que les options proposées par le système en place sont suffisantes : “La tradition française n’est pas de comptabiliser le vote blanc. Nous sommes dans un pays où le multipartisme est très poussé. A la différence d’autres, où le bipartisme est de mise, ne pas trouver dans l’offre politique en France de quoi s’exprimer me semble assez surprenant. La décision appartient aux gens qui s’expriment”.

Les autres personnalités politiques sondées – le seul que nous n’ayons pu joindre est Pierre Chéret (PS) – sont en revanche favorables à l’idée, considérant, comme Michel Veunac (MoDem), que le vote blanc est “l’expression d’une opinion, d’un point de vue, pas du tout un non-choix”.

Avec les suffrages exprimés ?

L’aspiration à la reconnaissance de cette “expression” ne revêt cependant pas la même signification pour tous. Daniel Romestant, leader du PCF sur la côte basque, dit par exemple “oui au décompte du vote blanc, si cela ne modifie pas toutes les règles électorales”. Un tel décompte, parmi les suffrages non exprimés donc, “se fait déjà par bureau de vote, mais n’est pas totalisé à l’échelle du département ou par circonscription”. Ce que souhaiterait M. Romestant.

Signe de la complexité du sujet, au sein du Front de gauche, la représentante locale du Parti de gauche, Patricia Luemberger, n’est pas tout à fait sur la même longueur d’onde : “Dans la mesure où c’est un moyen d’expression, il faudrait que le vote blanc soit comptabilisé dans les suffrages exprimés”, avance-t-elle. Pour cela, elle demande à “l’Etat d’accepter de mettre des bulletins blancs avec les autres bulletins”. Si celui-ci “objecte le coût” d’une telle opération, P. Luemberger pense que les électeurs doivent amener eux-mêmes ce bout de papier blanc, afin de différencier leur choix des votes nuls.

L’utilisation de ce vote

Côté abertzale, Peio Etcheverry-Ainchart (AB) juge également  – en son nom propre – impératif de recenser les votes blancs parmi les voix exprimées : “Il n’est pas normal que le vote blanc ne soit pas comptabilisé comme un vote exprimé. Ce serait une erreur de le considérer comme de l’abstention. Il s’agit d’une manière comme une autre de s’exprimer”.

Comptabiliser le vote blanc, soit, mais pourquoi faire ? “Il faut que la majorité s’exprime. La limite du vote blanc, c’est qu’on ne sait pas comment l’interpréter”, tempère l’élu abertzale. “Son résultat enverrait quand même un message fort aux candidats qui se présentent”.

Daniel Hegoburu (Europe Ecologie-Les Verts) partage ce point de vue : “Automatiquement, ce serait un avertissement pour la personne qui est élue. Après, le risque avec le vote blanc, c’est le morcellement : ce n’est pas parce que 70 % des personnes ont voté blanc qu’elles sont d’accord entre elles. C’est délicat à manier”.

Pour tous les deux, un taux de vote blanc élevé ne doit donc pas forcément remettre en cause le scrutin. En prenant le problème dans l’autre sens, il le pourrait tout de même, de fait : “Dans notre fonctionnement interne, certaines motions ont besoin de 60 % des suffrages exprimés pour être adoptées. Si le vote blanc est important, cela peut les empêcher”, illustre Daniel Hegoburu.

Une “refonte du système”

Xabi Larralde (Batasuna), s’il est partisan du vote blanc, l’inscrit quant à lui dans une refonte globale du système électoral : “Dans le système français, le mode de scrutin, en particulier le majoritaire à deux tours, ne permet pas une représentation en cohérence avec les options exprimées dans les votes. Cela suscite un rejet, un manque d’adhésion des citoyens par rapport aux rendez-vous électoraux. Je dis donc oui à la prise en compte du vote blanc, mais avec une réforme de fond du système français, pour qu’il se rapproche de la proportionnelle”, formule l’abertzale, à titre personnel.

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