L'opinion - Tribune Libre
Un silence assourdissant pour l’amnistie des prisonniers
07/01/2012
EDITORIAL par Antton ETXEBERRI
La capitale de la province de Bizkaia va connaître un afflux impressionnant de manifestants cet après-midi. Plusieurs dizaines de milliers de citoyens, provenant des sept provinces et au-delà, seront présents dans les rues de Bilbo, pour manifester leurs souhaits de mettre au centre des discussions du processus de résolution du conflit, la question des prisonniers et des réfugiés politiques basques. Les gouvernements français et espagnol, qui n’ont pour le moment pas bougé d’un iota en faveur de la fin du conflit, vont pouvoir mesurer l’importance que revêt la question des détenus chez les citoyens basques. Outre-passant depuis de nombreuses années leurs propres lois ainsi que les directives européennes, les Etats français et espagnol, qui refusent d’accorder aux détenus basques le statut de prisonniers “politiques”, ne les traitent pourtant aucunement comme des prisonniers “normaux” : l’éloignement, la dispersion, l’isolement, le maintien en détention de condamnés qui ont purgé leur peine ou qui sont gravement malades, le refus de l’application des libertés conditionnelles, les refus de permis de visite, le maintien en préventive de détenus jusqu’à six années avant de pouvoir être jugés… Les différents “traitements de faveur” accordés spécifiquement aux prisonniers basques qui étaient justifiés par les deux Etats comme “une réponse au terrorisme” ont été maintenus, au nom de l’on ne sait plus quelle excuse. La résolution du conflit passera inévitablement par l’amnistie de l’ensemble des prisonniers, comme cela a été le cas dans tous les conflits politiques résolus à travers le monde. Le PP et le PSOE, qui interdisent aux manifestants de réclamer l’amnistie dans les rues de Bilbo sous peine de représailles violentes, se retrouvent complètement isolés dans leurs retranchements. L’impressionnante vague silencieuse qui va parcourir Bilbo sera une démonstration éclatante du souhait de voir les Etats espagnols et français s’engager dans ce processus. Tous à Bilbo !







