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Pays Basque

Rétro 2011 - La Gauche s’impose

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28/12/2011

Deux événements politiques d’ampleur auront marqué cette année 2011 en Pays Basque : l’un au Nord, l’autre au Sud.

Fin mars, c’est d’abord le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, historiquement acquis à la droite et/ou au centre, qui bascule entre les mains du PS. Une première. A l’approche du scrutin, l’assemblée départementale se trouve en situation d’équilibre, 26 élus socialistes ou apparentés d’un côté, 25 UMP-Forces 64, plus un abertzale (Alain Iriart) de l’autre. Le différentiel de deux cantons gagnés par la Rose, un en Pays Basque, un en Béarn, fait définitivement pencher la balance au soir du 27 (28 élus à 23, et Alain Iriart). L’éternel opposant Georges Labazée, du canton béarnais de Thèze, monte dans la foulée sur le trône suprême.

Au Pays Basque, l’élection voit la gauche prendre d’assaut la capitale labourdine. Christophe Martin est réélu à Bayonne-Nord, Henri Etcheto reprend Bayonne-Ouest à Monique Larran-Lange (Forces 64) et Marie-Christine Aragon succède efficacement à Jérôme Aguerre sur Bayonne-Est. Arnaud Villeneuve fait sensation en remportant le canton de Tardets. Seul Claude Olive (UMP) arrache une circonscription détenue par la gauche, Anglet-Nord.

La coalition des forces abertzale Euskal Herria Bai (AB, Batasuna, EA) obtient, elle, un résultat contrasté. Elle progresse en pourcentage par rapport à 2004 (10,24 % contre 9,73 %), devenant la 3e force politique du Pays Basque Nord (derrière Forces 64 et le PS), mais recule en valeur absolue (3 771 voix contre 4 638), bénéficiant d’un taux de participation inférieur à il y a sept ans. Les chiffres sont en chute notable sur le Bab, où EH Bai est concurrencé par Europe Ecologie-Les Verts, mais en hausse à l’intérieur (Iholdy, Saint-Jean-Pied-de-Port, Hasparren). Daniel Olçomendy réussit le plus beau parcours, avec 33,28 % au premier tour et 42,70 % au second. Insuffisant, cependant, pour déloger Jean-Louis Caset (Forces 64).

Le tsunami Bildu

Deux mois plus tard au Sud, la gauche abertzale, “autorisée” à participer à un scrutin électoral pour la première fois depuis douze ans, accomplit une percée sans précédent lors des élections forales et municipales.

La coalition Bildu, qui regroupe des candidats de la gauche abertzale traditionnelle, mais aussi EA et Alternatiba, devient, avec plus de 310 000 voix sur l’ensemble des quatre provinces du Pays Basque Sud et plus de 1 100 élus, la première force en nombre d’élus et la seconde en suffrages derrière le PNV (Parti nationaliste basque). Bildu prend notamment la Diputación de Gipuzkoa (Martin Garitano) et la mairie de Donostia (Juan Karlos Izaguirre).

Le front commun dépasse le score obtenu par Euskal Herritarrok en 1999. Ce résultat semble d’autant plus significatif que la gauche abertzale n’a pu se présenter en tant que telle, la justice espagnole ayant refusé d’inscrire son nouveau parti, Sortu, juste avant le scrutin. Quatre mois après l’annonce du cessez-le-feu permanent d’ETA, ce tsunami électoral résonne comme un plébiscite pour l’ouverture d’un processus démocratique au Pays Basque.

Confirmation en novembre, avec un autre raz-de-marée, cette fois d’Amaiur (Bildu élargi à Aralar) lors des élections générales espagnoles. La coalition remporte sept sièges (Euskadi et Navarre), ce qui aurait théoriquement dû lui permettre de constituer un groupe aux Cortès. Aujourd’hui, ce droit lui est toujours refusé. Le PNV perd un siège (5), le PP-UP est stable (5), tandis que le PSOE dégringole de six élus (5). Geroa Bai, coalition d’abertzale de Navarre, empoche aussi un siège.

Sénatoriales, UMP, Inchauspé

L’année 2011 se distingue bien sûr par d’autres événements politiques. En septembre, la conversion à gauche des Pyrénées-Atlantiques se poursuit, avec le succès du PS aux sénatoriales. Georges Labazée cumule désormais sa fonction de président du Conseil général avec celle de parlementaire. La jeune Frédérique Espagnac entre, à 38 ans, au palais du Luxembourg.

A noter que la sénatrice sortante Annie Jarraud-Vergnolle, 3e et dernière socialiste après le premier tour, refuse de se retirer au profit de Sauveur Bacho, contrairement à l’accord conclu entre son parti et l’alliance abertzale-écologiste. En plus de perdre son siège de parlementaire, l’élue angloy sera exclue du Parti socialiste quelques semaines plus tard.

Jean-Jacques Lasserre sauve le fauteuil détenu par le centre (Didier Borotra, qui ne s’est pas représenté). Le grand battu du scrutin est l’UMP, qui cède son seul siège (A. Cazalet), renversé par la vague rose mais aussi par ses contradictions stratégiques – candidatures multiples, officielles et non officielles. Jean Castaings, qui ne s’est pas senti soutenu, claque la porte d’un parti en souffrance.

Une restructuration s’impose. Elle survient quelques semaines plus tard. Si Michèle Alliot-Marie conserve les rênes de l’UMP 64, Max Brisson prend les commandes du secrétariat départemental, courroie de transmission avec Paris.

Enfin, au registre des décès d’hommes politiques, Michel Inchauspé, ancien conseiller général de Saint-Jean-Pied-de-Port (1960-2004) et éphémère secrétaire d’Etat à l’Outre-mer sous De Gaulle (1968-1969), s’éteint dans la nuit du 25 au 26 octobre, à l’âge de 86 ans.

 

Dans les urnes en 2012…

Plusieurs échéances de taille, programmées pour 2012, ont commencé à se préparer dès cette année au Pays Basque. Le scrutin présidentiel (22 avril-6 mai) a fait l’objet, comme dans le reste de l’Hexagone, d’un vote des sympathisants de gauche. Cette primaire a donné François Hollande vainqueur, malgré le soutien de la plupart des édiles locaux à Martine Aubry (à l’exception notable de Frantxoa Maitia, Kotte Ecenarro et Arnaud Villeneuve, pro-Hollande). Du côté de l’UMP, après l’échec des cantonales puis des sénatoriales, on s’est remis en ordre de bataille derrière le duo MAM-Brisson, afin d’obtenir la réélection de Nicolas Sarkozy. Les élus locaux du MoDem (Borotra, Lasserre, Veunac) appuient déjà activement la campagne de François Bayrou.

Les législatives, prévues dans la foulée des présidentielles (10 et 17 juin), connaissent déjà quelques-uns de leurs prétendants. Sur la 4e circonscription, la “basco-béarnaise”, le socialiste de Saint-Jean-Pied-de-Port Frantxoa Maitia a été investi aux dépens du Béarnais Jean-Pierre Domecq. Il devrait affronter le centriste sortant Jean Lassalle. Dans la 5e, c’est beaucoup plus flou. Le député Jean Grenet décidera s’il se représente en mars. Le cas échéant, face à qui ? La socialiste Colette Capdevielle a été choisie par les militants – sur un panel d’une seule personne, après le retrait de Jérôme Aguerre – mais non adoubée par le bureau national, qui a décidé de “geler” la circonscription. Pour un éventuel parachutage ? On en saura plus dans les prochaines semaines. Sur la 6e, on s’oriente vers une réédition du duel désormais classique Sylviane Alaux (PS)-Michèle Alliot-Marie (UMP), bien que cette dernière, qui a retrouvé le siège après sa démission forcée du gouvernement fin février, n’ait pas encore déclaré ses intentions.

Une partie des abertzale, AB et Batasuna, a opté pour la reconduction de la coalition Euskal Herria Bai lors de ce scrutin. EA a pour sa part souhaité rejoindre Europe Ecologie-Les Verts. Ni dans un camp ni dans l’autre on ne connaît encore le nom des candidats. Le Front de gauche présentera les communistes Bernadette Lavigne et Yvette Debarbieux sur les 5e et 6e. Le MoDem n’a pas encore fait connaître ses volontés, pas plus que l’UMP donc.

L’année 2011 aura enfin été marquée, à deux ans et demi de l’échéance, par le lancement de la course à la succession du maire de Biarritz, Didier Borotra, partant en 2014. Après Max Brisson (UMP), Michel Veunac (MoDem), Jean-Benoît Saint-Cricq (DVD) et Patrick Destizon (DVD), qui en 2012 ?


Pierre MAILHARIN

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