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Sujet à la une

L’incursion du Pays Basque Nord à la foire du livre et du disque de Durango

25/11/2011

Carole SUHAS

Il est un marqueur de première importance dans le calendrier culturel, le salon de Durango approche à grands pas. Sera-t-on prêt d’ici là, quelles nouveautés y présenter, comment y être représenté ? Autant que questions qui, depuis 46 ans, hantent les différentes maisons d’édition, les labels musicaux et autres représentants du monde artistique. Le 4 décembre prochain, la traditionnelle Foire du livre et du disque de Durango prend ses appartements pour cinq jours. Avec près de 4 000 m2 de surface et plus de 30 000 références de disques et de livres en langue basque dans leur très grande majorité, le salon de Durango est un événement qui “concerne tout le Pays Basque”, tient à rappeler Jon Irazabal, président de l’association Gerediaga, organisatrice du salon, “et pas seulement un événement pour les Bizkaitar ou pour le Pays Basque Sud”.

Pas seulement, mais presque, si l’on tient compte de la représentation de la production artistique du Pays Basque Nord à Durango. Si le salon est un événement primordial pour les maisons d’éditions du Pays Basque Nord, dans les faits, leur présence est presque anecdotique. Et ce, même si tout le monde s’accorde à dire qu’il y a “besoin d’aller plus loin que ça” depuis plusieurs années.

Un partenariat récent

Depuis trois ans, un partenariat entre l’Institut culturel basque (ICB) et l’association Gerediaga est mis en place afin de faciliter la participation des acteurs culturels du Nord au salon de Durango. A savoir une prise en charge partielle (50 %) par l’ICB de la location du stand qui s’élève aux alentours de 700 euros, une promotion assurée par l’ICB via leur site Internet, ainsi que l’organisation de représentations sur place. Ainsi, la compagnie de danse EliralE présentera sa création Gorpitz le lundi 5 décembre tandis que le groupe Ganbara se produira, lui, le lendemain. L’auteure de littérature jeunesse Oihana Esquirol Picabea animera pour sa part un atelier pour enfants.

A Durango, il y a la production littéraire et la production musicale. Si cette première regroupe environ 23 œuvres pour le Pays Basque Nord, qu’elles soient littérature jeunesse, historique, politique ou encore artistique, la production musicale est, elle, concentrée sur sept disques dans le seul cercle bien sûr de cette collaboration entre l’ICB et Gerediaga qui réunit huit maisons : le label Agorila, Euskaltzaleen Biltzarra, Gatuzain, le centre pédagogique Ikas, Maiatz, ZTK, Arteaz et Elkar.

Indépendants

Il y a ceux qui s’associent et ceux qui vont à Durango de leur propre chef. C’est le cas des Souletins qui présenteront pour la première fois le premier long-métrage en souletin, Xora. Dans la catégorie cinéma toujours, le premier long-métrage d’animation en euskara Gartxot (voir édition du JPB du 16 novembre dernier) sera lui aussi de la partie. En bref, se trouveront tous les événements culturels et artistiques de ces derniers mois, que ce soit le film Bertsolari d’Asier Altuna, le dernier album des Sparteens Bi doberman beltz ou bien les éternels Pirritx ta Porrotx.

Création timide

Pour le Pays Basque Nord, sur le plan musical, on ne peut pas dire que l’heure soit à la création. Si l’on passe outre les inévitables chœurs d’hommes ou les dernières productions de Pier Paul Berzaitz ou Erramun Martikorena, on se rend compte que les propositions musicales sont assez limitées. Parmi les groupes de musiques actuelles, il faudra compter sur le groupe de Saint-Jean-de-Luz/Ciboure Izate et c’est à peu près tout. Iparraldeko Prod ne sera pas non plus présent avec sa toute dernière compilation, ce qui augure une nouvelle fois d’une image du Pays Basque Nord assez folklorique. Ceci explique probablement cela.

“Par contre”, nuance Joana Irigarai de la maison d’édition Gatuzain, “outre la partie de vente pure, c’est surtout le fait que l’on se retrouve entre partenaires qui est important. A Durango, nous avons l’occasion de rencontrer les maquettistes ou imprimeurs avec qui nous travaillons ainsi que les autres maisons d’éditions avec qui nous passons les cinq jours. Après, nous sommes minuscules dans le salon, il y a les géants Elkar ou Txalaparta, puis il y a le Nord. Le truc, c’est que là-bas, tout est conçu de façon industrielle, c’est pareil pour la culture. Nous, on est davantage dans l’artisanal. C’est quand même bénéfique pour nous d’être à Durango, il y a un impact : nous sommes présents et représentés, nous nous faisons connaître et reconnaître”.

Et si la venue au salon ne se fait quand même pas à perte, certains remarquent des changements d’attitude chez les acheteurs. “Depuis deux ans, les gens font beaucoup moins d’achat spontané. On en voit passer une première fois avec un petit carnet dans lequel ils notent les titres qui les intéressent, puis ils refont un tour en sélectionnant les livres qu’ils veulent vraiment. Ils regardent beaucoup plus les prix”. Le salon de Durango est lui aussi soumis à la crise semble-t-il. Ce qui est certain, c’est sa dépendance au temps qui passe, et après 46 ans, Jon Irazabal le dit lui-même, il était temps de mener une réflexion sur son devenir. Ainsi, cette année, de nouveaux espaces seront inaugurés, plus centrés sur les nouvelles technologies et le multimédia. A l’ère du livre sur Internet et de la musique téléchargeable, Durango sera peut-être un laboratoire pour l’avenir de l’édition en Pays Basque.

 

Après le rock radical, le rap basque

On le sait, le Pays Basque a été un terrain privilégié pour la création rock. Du moins, c’est ce que peut laisser penser le paysage musical. Seulement, la musique ne se limite pas au rock, et en Pays Basque, il y a aussi du rap. Il faut juste en parler. Pour aider le rap euskaldun à se faire entendre, la radio sur Internet Info7 a édité une compilation, sobrement intitulée Rapherria et qui sera présentée au salon de Durango. Sur ce disque, 17 groupes venant de tout le Pays Basque : Norte Apache, MAK, Bad Sound System + Asthmatic Lion, La Chula Potra, ZKH (Goienetxe anaiak) et FLCH, 121 Krew, Indarrap, Raperos de Emaus, 2zio, ZTK Rap, FDLN, Ardi Beltza, Thow MC, 100 % Gourmet, RPV, Toastibarre et Mix6T.

“Ils sont nombreux, les jeunes à avoir pris le micro et les platines pour faire cette musique encore trop délaissée par les radios et autres. Ce style fort, basé sur des critiques du système, est conçu par ces jeunes comme une musique de la rue”. La compilation se trouvera au stand de Gara et de Gaztezulo pour 8 euros.

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